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Marches de soutien ou contre Malonda: l’état d’urgence sanitaire mise à dure épreuve

À peine votée par les deux chambres du Parlement, la prorogation de l’état d’urgence sanitaire entérinée pour la sixième fois par le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le lundi 06 juillet dernier, plusieurs organisations politiques et de la société civile annoncent et organisent des manifestations publiques pour contrer la nomination de Ronsard Malonda à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

La grave inquiétude que soulève l’annonce ainsi que l’organisation de ces manifestations publiques ne réside pas simplement dans l’engagement qui est pris par les concernés de braver et de violer les mesures relatives à l’état d’urgence sanitaire, qui ont pourtant déjà été promulguées par le Président de la République. Elle est à situer tout aussi dans le fait que ces derniers ont pris le risque d’exposer dangereusement les populations aux contaminations massives à la Covid-19, pendant que le pays déplore à ce jour plus de 8.000 cas enregistrés et que la majeure partie de ces personnes infectées signalée à Kinshasa.

D’après le dernier bulletin publié le mardi 14 juillet, par le secrétariat technique du Comité multisectoriel de la riposte à la pandémie du Coronavirus en RDC, le pays compte à ce jour 192 décès.

Le gouverneur Gentiny Ngobila, de la ville-province de Kinshasa, ainsi que toutes les autres autorités de la territoriale devraient se sentir particulièrement interpellés par ces annonces dont les ultimes résultats ne peuvent être autres que de mettre à dure épreuve l’État de droit, par la violation des mesures qui régissent actuellement l’état d’urgence sanitaire et de propager la Covid-19.

Les autorités judiciaires devraient tout aussi prendre des mesures idoines pour contrer ces attitudes criminogènes mais aussi de sévir contre toutes violations des mesures relatives à l’état d’urgence sanitaire, tout en se rappelant de l’adage qui affirme que « salus populi sublima lex », le salut de la population est la règle suprême.

C’est à ce prix et à ce titre que non seulement la loi pourra être une mesure protectrice de tous conformément aux engagements internationaux pris par le pays, notamment en matière des droits humains et à la constitution. C’est aussi à ce titre que le concept de l’État de droit, qui est vivement chanté ces derniers temps dans tout le pays, pourra commencer à prendre véritablement corps.

En effet, pendant que la nation peine gravement pour trouver les moyens nécessaires afin de couvrir les besoins en santé, liés à la Covid-19, rien mais absolument rien ne peut actuellement justifier la tenue des manifestations publiques surtout lorsqu’on sait qu’elles ont été projetées sur fond d’une attaque individuelle et pour des faits non jugés, et donc supposés.

La situation que traverse actuellement le pays devrait inviter à plus de sens de responsabilité et de circonspection l’ensemble d’acteurs sociopolitiques, qui ont plus que les manifestations publiques comme modalité pour exprimer leurs opinions, notamment à propos du choix de Ronsard Malonda comme futur président de la CENI.

Des mémos, des lettres de contestations, des requêtes en justice, pourquoi pas, sont autant des modalités d’expressions publiques d’opinions de ceux qui entendent se faire écouter par les autorités et auxquelles les protecteurs des manifestations peuvent tout aussi recourir particulièrement en ces temps difficiles caractérisés par la propagation de la Covid-19.

Patrick Nkumu