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La presse va mal au Kasai oriental (UNPC)

Au gouverneur de province, elle recommande que les services de sécurité assurent non seulement la protection des hommes et femmes des médias, mais aussi que les auteurs de ces agressions contre les journalistes soient poursuivis et punis par la justice.

« Nous membres de l’Union nationale de la presse du Congo UNPC, section du Kasai oriental, suivons de près la situation sociopolitique en RDC et celle de la province. Saluons non seulement la passation pacifique et démocratique du pouvoir pour la toute première dois au sommet de l’État en RDC, mais aussi le souci du Président de la République d’instaurer un État de droit dans notre pays, de faire de la presse réellement un 4ème pouvoir et un partenaire privilégié et intouchable », indique la corporation dans son mémorandum adressé au gouverneur de province.

En réaction à cette marche de protestation, Jean Maweja Muteba s’est réjoui de la présence des journalistes devant le gouvernorat.

« L’exercice que nous venons de faire ensemble démontre noir sur blanc que les droits et libertés des uns et des autres sont respectés. Vous avez marché, vous êtes venus, nous vous avons reçus et nous avons pris votre mémo », a-t-il fait savoir en insistant sur le fait que « cela montre aussi que depuis l’arrivée du Président Félix Antoine Tshisekedi à la tête de ce grand pays, la démocratie marche, non en dents de scie mais à une vitesse de croisière ».

« Je tiens à vous rassurer que je suis avec vous et que je serai toujours avec vous. Ne regardez pas les actes isolés qui se passent. Vous savez qu’il y a des fauteurs de troubles et les tireurs de ficelles. Vous êtes assez grands pour comprendre comment les choses se passent. En politique, il y a beaucoup de choses. Je ne suis pas de ceux qui sont là pour vous faire du mal. Dans vos télévisions et radios, il y en a qui m’insultent, qui me critiquent, je n’ai jamais répondu, je n’ai jamais cherché à faire du mal à quelqu’un. Je vous promets mon soutien et vous dis que votre mémo est arrivé. Je vais étudier ça », a déclaré le gouverneur de province.

Ce que dénonce l’UNPC…

Les journalistes du Kasai oriental, qui saluent son avènement à la tête de cette province, espèrent qu’il restera dans la vision du chef de l’État.

L’UNPC regrette néanmoins des agressions et interpellations de quelques membres de la corporation, « en violation des procédures légales qui veulent qu’un journaliste réponde premièrement au tribunal des pairs avant de comparaître si nécessaire devant les Cours et tribunaux ».

À cette marche qui est partie de la Banque commerciale du Congo jusqu’au gouvernorat, en passant par la poste de Mbuji-Mayi et le boulevard Laurent-Désiré Kabila, plusieurs autres activistes ont également pris part.

L’UNPC enregistre régulièrement des plaintes de ses membres victimes des menaces de tous genres de la part des personnes instrumentalisées.

La goutte qui a fait déborder le vase, ajoute-t-elle, « c’est l’agression des journalistes en date du 21 juillet 2020 devant l’Assemblée provinciale, alors que les confrères étaient en plein exercice de leur profession ».

À ce propos, elle rappelle le passage à tabac de 6 de ses membres parmi lesquels Marie Jeanne Mupela de la radio télévision Happy Day, qui a été admise aux soins suite aux coups lui administrés par ses bourreaux.

Elle déplore le fait que dans cet imbroglio, « ces hommes et femmes des médias ont perdu les matériels de reportage, téléphones, argent et plusieurs autres biens de valeur ».

L’indifférence totale et le silence observé par les autorités provinciales choquent également l’UNPC Kasai oriental.

En dépit de la vulgarisation des principes de la démocratie, a déploré le président de l’UNPC au Kasai oriental, la corporation « se trouve toujours en difficultés d’œuvrer correctement sans entraves, les cas sont légion par rapport à la violation des droits des journalistes et droit de la liberté de presse ».

Elle souhaite que les institutions provinciales, gouvernement et assemblée provinciale ainsi que les services de sécurité, assainissent leurs environnements respectifs pour une bonne collaboration avec la presse kasaienne.

Les journalistes veulent aussi que les préjudices causés soient réparés, de même que les journalistes victimes des actes barbares soient réhabilités dans leurs droits. Que l’accès aux sources d’informations soit garanti à tout journaliste intéressé.

Qu’en cas de dérapage, suggèrent-ils, la procédure en matière d’interpellation soit respectée, notamment par le démenti, la plainte à la commission de discipline de l’UNPC qui est un Tribunal de paires avant de saisir le Conseil Supérieur de l’audiovisuel et de la communication, puis la justice si nécessaire.

Par rapport aux efforts consentis par les journalistes dans la lutte contre la propagation du Coronavirus, une campagne menée en grande partie par les médias, la corporation révèle n’avoir rien reçu en retour du gouvernement provincial.

« Les organes de presse qui travaillent en partenariat avec le gouvernorat et l’Assemblée provinciale n’ont jamais signé un contrat avec ces institutions ; et leur locataires ne sont pas pris en charge correctement et par conséquent, ils œuvrent bénévolement depuis le mois d’avril 2019 jusqu’à ce jour. Ce qui ne contribue pas à la promotion des médias locaux pour le développement de la province », précise le mémorandum de l’UNPC.

Elle en appelle ainsi à « l’implication de l’autorité provinciale et de l’Assemblée provinciale pour que le travail et la personne du journaliste soient respectés, afin que la liberté de presse soit effective au Kasai oriental.

Par ce mémorandum, conclue Louis Kabongo, « l’UNPC Kasai oriental cadre fédérateur des hommes et femmes des médias dit non à la violation de la liberté de presse, dit non au musellement de la presse et à la maltraitance des journalistes ».

Alain Tshibanda