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Appel aux Ne Kongo pour une présidence de la CENI au service de la stabilisation des institutions de la République

"Une CENI dirigée par un fils ou une fille du Kongo central, pourquoi pas?", s'interroge Albert Fabrice Puela.

Comme communauté, explique le député national, « nous sommes en droit de revendiquer » la capacité de piloter cette institution d’appui à la démocratie.

« La question de la désignation de Ronsard Malonda à la tête de la CENI, un homme pétri de connaissances et d’expérience, nous devons le reconnaître, par delà les contestations et les manifestations », constate-t-il, « pose un réel problème beaucoup plus crucial et récurrent ».

Il s’agit de la représentation des Ne Kongo au niveau des postes de décisions dans les institutions de la RDC, relève cet élu de Matadi.

Pour Me Albert Fabrice Puela, après une CENI successivement dirigée par des Présidents du Kivu (Abbé Apollinaire Malu Malu), de l’ancienne province du Katanga (Pasteur Daniel Ngoy Mulunda) et de l’ex province orientale (Corneille Naanga), la « présence d’un Ne Kongo à la tête de cette prestigieuse institution est légitime et mérite d’être défendue ».

Mais, « il faut dissocier la question de diriger [cette] institution par un Ne Kongo d’avec l’identité de Ronsard Malonda dont la désignation, sujette à caution, a soulevé une grande vague des contestations jusqu’à causer des pertes en vies humaines », nuance-t-il.

Contestations massives, regrette l’élu de Matadi, « avec morts d’hommes ont agité l’ensemble du pays au regard des circonstances nébuleuses et irrégulières de sa désignation et du passif que porte la CENI, dont il était un élément actif, dans la débâcle des dernières élections ».

Exister, revendiquer et servir la Nation

« Si nous devons légitimement revendiquer la [présidence de la] CENI pour les Ne Kongo, dont le sens de la crédibilité et de la rigueur ont toujours été appréciées par nos compatriotes, il ne convient pas que par ce jeu de passe-passe une autre occasion de redorer le blason de notre communauté devienne une opprobre qui nous expose au mépris de la nation », poursuit-il.

Allusion faite au scandale sexuel qui avait impliqué en 2019 l’ancienne assistante du gouverneur Atou Matubuana et Justin Luemba, vice-gouverneur du Kongo central.

À l’issue de la marche organisée dans la ville de Matadi le 31 juillet dernier, l’élu de Matadi avait annoncé qu’une batterie d’actions sera mise en œuvre pour le départ effectif du gouverneur Atou Matubuana, que les élus du Kongo central « acquis à la légalité et à la dignité » ne veulent plus voir à la tête de cette province depuis le déclenchement de ce scandale.

Me Albert Fabrice Puela invite l’opinion à considérer que « l’autre aspect des personnes [qui peuvent diriger cette institution d’appui à la démocratie] ne pourra se poser qu’une fois les principes, les valeurs et les règles d’une CENI, véritablement crédible, auront été posés ».

Les réflexions sur le sujet étant déjà en cours, cet élu ne doute pas qu’on puisse trouver au sein de cette province, le moment venu, des valeurs sûres pour relever ce défi pour le bien-être de tout le pays.

Il se souvient même que les « Ne Kongo, à des moments décisifs, n’ont jamais fait défaut pour servir » l’ensemble du Congo-Kinshasa.

« À force de nous limiter sur la querelle autour des individus », prévient-il, « nous risquons de perdre le poste, sans que l’individu n’obtienne satisfaction ».

L’actuel bureau de la CENI, piloté par Corneille Naanga, est fin mandat depuis l’année passée. Après la désignation de Ronsard Malonda par les confessions religieuses et son entérinement par l’Assemblée nationale, plusieurs manifestations de soutien ou contre sa candidature ont été organisées à Kinshasa comme en provinces.

D’après l’article 12 de la loi organique n°10/013 du 28 juillet 2010 portant organisation et fonctionnement de la CENI, ses membres « sont choisis parmi les personnalités indépendantes, reconnues pour leur compétence, intégrité morale, probité et honnêteté intellectuelle ».

La désignation des membres de cette institution d’appui à la démocratie est entérinée par la chambre basse du Parlement. Ils sont investis par ordonnance du Président de la République.

Pour Albert Fabrice Puela, le Kongo central ne manque pas ces qualités !

Patrick Nkumu