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Lancement d’un collectif à Kinshasa prônant la réforme de l’État

Les différentes personnalités scientifiques, politiques et acteurs de la société civile et du monde économique, signataires du manifeste du collectif dénommé "Dynamique pour la consolidation et le renforcement des acquis démocratiques" ont exprimé leur opposition à l'idée d'un énième dialogue extra-institutionnel en RDC.

Cette initiative passe en revue les différentes crises survenues en RDC depuis son accession à l’indépendance jusqu’à ce jour, et se propose « d’éviter que la classe politique congolaise, dans des nouveaux errements, ne précipite le pays et son peuple dans un nouveau cycle d’incertitudes ».

Ce collectif recommande ainsi aux dirigeants des institutions « d’approfondir la compréhension des mécanismes du régime de collaboration, actuellement en vigueur et de se l’approprier, en faisant de sorte que chaque acteur puisse agir dans les limites des prérogatives qui sont les siennes ».

Les élections ne sont pas une fin en soi

Les personnalités membres de cette Dynamique considèrent que c’est ce qui vient après les élections qui compte: l’État que les élus doivent diriger!

« On est en train de distraire le chef de l’État. Au lieu de regarder à son travail d’aujourd’hui, on veut le pousser à ne penser qu’à l’année 2023. On peut aller aux élections en 2023 mais c’est quel État que nous allons diriger? Il faut abandonner cette lecture des faits. C’est l’édifice [l’État] qui compte. Nous devons bien le construire, l’assainir, le rétablir sur ses bonnes bases », a fait savoir le professeur Auguste Mampuya.

Pour le collectif, les animateurs des institutions doivent « tirer profit des mécanismes de dialogue et de collaboration entre diverses institutions de l’État, qui sont des piliers du modèle institutionnel mis en place par le constituant, en particulier en institutionnalisant les réunions institutionnelles, en vue de discuter autour des réformes que proposent les acteurs de la classe politique en veillant à ce que le cadre constitutionnel soit respecté ».

La coalition n’est pas la coalition

C’est le triste constat que dresse Jean-Jacques Bemba, qui regrette à son tour le fait que le FCC et le CACH jouent, chacun à son niveau, le rôle qu’on devait attendre plutôt de Lamuka.

« Aujourd’hui, nous voyons que le FCC et le CACH se regardent en chiens de faïence. Chacun comptabilise ce que fait l’autre, comme erreur, au lieu de mutualiser les efforts », déplore cet autre signataire du Manifeste alors que l’idéal est plutôt, indique-t-il, « d’intérioriser et d’assumer le fait que le Président de la République, le Parlement et le gouvernement sont parties prenantes de la coalition FCC-CACH et que celle-ci gère l’État ».

D’ailleurs, relève le professeur Auguste Mampuya, « l’échec de la coalition sera partagé par toutes les parties prenantes. Personne ne sera traité différemment des autres. L’échec du Président Félix Tshisekedi sera l’échec de l’ancien chef de l’État Joseph kabila ».

Sur le plan idéologique, « qu’est-ce qui différencie le PPRD de l’UDPS? », se demande-t-il en rappelant qu’aucune de ces deux formations politiques « n’a le monopole de l’amour de l’État ».

Ce que le collectif attend de Félix Tshisekedi et Joseph Kabila

Les signataires du Manifeste de la Dynamique recommandent à l’ancien et à l’actuel Présidents de la République de « privilégier la sérénité dans le fonctionnement des institutions et de ne rien entreprendre qui soit de nature à mettre en péril les acquis de la démocratie ».

Pour ces personnalités, les deux leaders doivent établir un cadre officiel et permanent de concertation entre les plates-formes politiques en coalition gouvernementale FCC-CACH, pour des discussions ouvertes sur toutes les options fondamentales de l’action institutionnelle en perspective ».

Le collectif considère que Joseph Kabila et Félix Tshisekedi doivent « envisager, en conséquence, une meilleure organisation par une structuration organisationnelle et opérationnelle de la coalition, et de mettre en place la conception et l’activation d’un programme des réformes, accompagné d’une procédure de validation des propositions provenant des différents acteurs et structures de la coalition pour le cadre de la vision définie par cette dernière ».

Ces personnalités estiment aussi que « cet effort de structuration doit également être réalisé entre les groupes parlementaires et regroupements politiques composant la coalition, en vue de la mise en place d’une structure fédérative au niveau du Parlement, pour ainsi organiser le travail parlementaire ».

Le Groupe de la Dynamique tient à la disposition des responsables le détail des propositions relatives à la réforme de l’État dont il vient de démontrer la pertinence et la nécessité. Il se donne la tâche de rencontrer toutes les autorités nationales, mais aussi les responsables des forces politiques et sociales intéressés par la question ainsi que le corps diplomatique toujours si attaché au bon fonctionnement de l’État en RDC.

Au lancement de ce collectif, le Manifeste a été signé par plusieurs personnalités dont les députés nationaux Solange Masumbuko, Modero Nsimba, Papy Kabwe Banza, André Tambwe, le Professeur Auguste Mampuya, l’administrateur Jean-Jacques Bemba, les avocats Trésor Lungungu, Kitapindu Kanika et Blandine Gini.

S’agissant de la CENI, la Dynamique reconnaît que « son leadership actuel est en dépassement de mandat depuis plus d’une année et elle est amputée de son Vice-président depuis près de deux ans ».

« Elle n’a donc pas donc pas la légalité ni la légitimité d’engager l’institution électorale nationale », martèle le collectif qui est d’avis qu’il « faut absolument éviter que le retard du choix et de l’entérinement des animateurs de la CENI ait un impact négatif sur les échéances de 2023 ».

Pour ces personnalités, « toute idée de glissement serait dès lors mal venue ». Raison pour laquelle ils estiment que « le processus de désignation et d’entérinement entamé [doit se poursuivre] pour que soit rattrapé le temps perdu ».

Patrick Nkumu