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À Gentiny Ngobila, « la situation dans l’Est du pays est plus grave que la Covid-19 » (Michel Mwika)

Malgré le refus poli de Gentiny Ngobila Mbaka, Michel Mwika et le PNEC ont décidé de maintenir la marche, qu'ils prévoient d'organiser le samedi 29 août à Kinshasa, contre les massacres dans la partie Est de la RDC. Tout en louant toutefois le mérite de l'initiative du Parti national pour la nouvelle énergie du Congo (PNEC), le gouverneur de la ville de Kinshasa ne s'est pas montré favorable à cette démarche.
Le président du PNEC, Michel Mwika, face à la presse à Kinshasa (Photos PNEC. Tous droits réservés)

Se référant aux restrictions édictées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Gentiny Ngobila Mbaka considère que cette marche « est susceptible d’entraîner une contamination massive de la Covid-19 ».

Par conséquent, il demande au « Commissaire provincial de la Police nationale congolaise/ville de Kinshasa et les bourgmestres des communes concernées, de prendre les dispositions utiles », chacun en ce qui le concerne.

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Réagissant sur Twitter sur cette décision de l’initiateur de « Kin Bopeto », Michel Mwika a confirmé l’organisation de la marche du 29 août car, estime l’ancien président des étudiants de l’Université protestante au Congo (UPC), « ce qui se passe [dans l’Est de la RDC], depuis plus de 20 ans, est plus grave que la Covid-19 ».

Mais, insiste également l’avocat au barreau de Bandundu, le maintien de cette marche est une décision prise par son parti « sans minimiser le risque que représente la Covid-19, ni faire un bras de fer avec » l’autorité provinciale.

Comment faire la paix sans justice?

Plusieurs appels ont été lancés pour la paix et la sécurité dans le Grand Kivu. Le 31 juillet dernier, le Prix Nobel congolais, Denis Mukwege, s’est aussi exprimé sur cette question:

« Peu importe la période, peu importe la région du monde, aucun mensonge, aucune construction falsifiée de l’Histoire n’a jamais réussi à pérenniser la paix. Bourreaux et victimes n’ont aucun avenir s’ils sont condamnés à vivre dans le mensonge.

Je demande depuis bientôt 10 ans, l’examen du rapport Mapping réalisé par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Droits de l’Homme. Ce rapport contient une compilation de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de crimes de génocide détaillés de 1993 à 2003. Sans que l’on analyse ces crimes qui jalonnent l’Histoire du Congo, sans que justice ne soit rendue pour ces crimes, aucun peuple impliqué dans ces conflits ne pourra se relever ou ne pourra vivre en paix.

Il semble que préconiser la création d’une juridiction spéciale pour juger les crimes au Congo fasse peur à certaines personnes qui déversent leur haine sur les réseaux sociaux en opposant les uns aux autres, souvent sur la base de mensonges.

La réconciliation entre les peuples et l’instauration de réparations pour les victimes ne peuvent se faire sans que nous recherchions, sans relâche, la vérité. »

Un appel qui a exposé sa famille, une fois de plus, à des menaces de mort sans perturber la détermination du Prix Nobel congolais.

Vers une justice transitionnelle…

Lors de la 43ème réunion du Conseil des ministres, tenu à Kinshasa le vendredi 7 août, le Président de la République avait déploré le fait que « le dossier relatif à [la] mesure de justice transitionnelle, qui a été soumis pour analyse aux deux Commissions interministérielles permanentes du Gouvernement (celle en charge des lois et règlements, et celle de politique, sécurité et défense), n’a guère évolué ».

Par conséquent, ajoutait le porte-parole du Gouvernement, le chef de l’État avait exigé que toutes les dispositions soient prises pour la réactivation de ce dossier qu’il juge plus urgent.

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Félix Tshisekedi avait demandé « aux présidents desdites Commissions de soumettre dans le meilleur délai au Conseil des ministres ledit dossier pour examen et adoption éventuelle », indiquait David-Jolino Diwampovesa-Makelele Ma-Mu Zingi.

Pour rappel, insistait le ministre de la communication et médias, le président de la République considère que « pour remédier au lourd héritage des abus des droits humains dans les sociétés qui sortent de conflits armés, le mécanisme de justice transitionnelle s’offre comme un des outils à même de contribuer à lutter contre l’impunité des crimes graves, à faciliter la reconnaissance et l’indemnisation des victimes ».

Alain Tshibanda