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« Le gouvernement doit s’inquiéter des massacres du Grand Kivu autant qu’il l’est de la Covid-19 » (Me Mwika)

C'est ce qu'affirme le président du Parti national pour la nouvelle énergie du Congo (PNEC). Dans une interview exclusive accordée à Congo Plus, Michel Mwika avoue qu'il n'est pas surpris par la position du gouverneur de la ville de Kinshasa qui, à deux semaines de la marche projetée par le PNEC, s'est désolidarisé de cette activité évoquant un risque pour la contamination de la Covid-19.

Congo Plus: Votre parti compte organiser une marche à Kinshasa, le 29 août, pour protester contre les massacres perpétrés dans la partie Est du pays. Pourquoi une telle initiative aujourd’hui ?

Michel Mwika (T-shirt bleu) et les membres du Parti national pour la nouvelle énergie (PNEC) lors d’une marche organisée à Kinshasa (Photo PNEC. Tous droits réservés)

Michel Mwika: Premièrement parce que c’est depuis plus de deux décennies que nos compatriotes du Grand Kivu meurent dans une indifférence totale de la communauté nationale et internationale.

En plus, nous avons constaté que depuis le début de l’année 2020, il y a une forte recrudescence de l’insécurité et les massacres dans ce coin du territoire national. Pendant que nos compatriotes sont tués, dans une indifférence déconcertante des congolais et du monde entier, certains partis politiques et autorités du pays, censés être la lumière de la société, affichent plutôt une image totalement désintéressée, préférant se livrer à des batailles politiques égoïstes, en lieu et place d’initier une action commune contre cette insécurité et ces massacres.

D’où l’intention de notre parti de jouer le rôle lanterne, en sensibilisant la population congolaise pour qu’elle se mobilise comme un seul homme afin d’inciter les décideurs ainsi que les acteurs politiques à prioriser la sécurité non seulement dans le Grand Kivu, mais partout en RDC.

Congo Plus: Le gouverneur de la ville de Kinshasa n’est pas favorable à cette activité et, comme pour d’autres initiatives similaires, évoque un risque de contamination de la Covid-19. Qu’en pensez-vous?

M.K: Nous ne sommes pas surpris par la réponse du gouverneur. Nous sommes plutôt extrêmement indignés que la cause pour laquelle nous marcherons ce 29 août 2020 ne pousse malheureusement pas le gouverneur de la ville à nous inviter, à son cabinet de travail, pour un échange autour de cette importante activité patriotique. Il a préféré plutôt nous envoyer une réponse devenue générique depuis le début de la pandémie.

Le PNEC est indigné par sa réaction.

Congo Plus: Face à ce refus de l’Hôtel de ville de Kinshasa, que comptez-vous faire?

M.K: Loin de nous décourager, nous allons marcher et attendons que l’autorité compétente nous sécurise pendant notre activité.

Nous avons fait ce que nous demande la constitution de la République, en son article 26, c’est-à-dire informer l’autorité administrative pour toute manifestation sur les voies publiques ou en plein air…

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En ce qui concerne le risque de la propagation du coronavirus, nous avions pris le soin d’informer le gouverneur dans notre correspondance que nous veillerons à ce que les mesures barrières soient respectées.

Enfin, nous aimerions tant que nos autorités s’inquiètent des massacres du Grand Kivu autant qu’ils s’inquiètent de la Covid-19.

Congo Plus: Pour dire non au drame que vivent continuellement les communautés du Grand Kivu, pensez-vous que la seule voie possible est l’organisation d’une marche ?

M.K: Le 29 août 2020 ne sera pas qu’une simple marche. Pour nous, cette journée sera avant tout un moment de deuil et une façon d’inviter la population congolaise à se réapproprier le drame du Grand Kivu. C’est une première d’une longue série d’activités que le PNEC compte organiser pour pousser la communauté nationale et internationale à l’action contre ces massacres récurrents de nos compatriotes du Grand Kivu.

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Propos recueillis par Alain Tshibanda