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« Il faut réveiller dans l’Africain le goût de l’initiative historique, de la pensée rationnelle et émancipatrice. » (Ludovic Mumbunze)

Une affirmation qui fait suite à une évidence : la faiblesse des États africains sur la quasi-totalité de domaines de la vie. Ludovic Nico Mumbunze l'a expliqué lors de la soutenance de sa thèse de doctorat le vendredi 11 septembre dernier à l'Université Catholique du Congo.

Thèse de doctorat intitulée « Conditions de possibilité d’une véritable autonomie des États africains. Réflexions à partir de KANT », réflexion qui lui a valu la plus grandedistinction comme mention.

Pour lui, « cette faiblesse est clairement perceptible à travers la fragilité de ses États, doublée d’une instabilité politique chronique ».

Ludovic Nico Mumbunze lors de la soutenance de sa thèse de doctorat le vendredi 11 septembre 2020 à l’Université catholique du Congo.

Le jeune docteur en philosophie relève également « la forte dépendance et les déficits capacitaires de pays du continent noir, sans oublier la précarité économique qui est à l’origine de la grogne sociale et de l’insécurité humaine et qui justifie l’immigration excessive, parfois clandestine dans des conditions inacceptables, des Africains vers des ailleurs paradisiaques ».

Sur divers aspects, regrette-t-il, les « États africains n’ont d’autonomie qu’apparente ».

Ludovic Nico Mumbunze ne passe pas sous silence le fait que les tares de la traite négrière, de la politique expansionniste ayant conduit au formatage de l’imaginaire collectif des Africains, à la négation et/ou l’auto-négation de l’homme noir et les velléités impérialistes de certaines puissances ont largement contribué à la dépendance de l’Afrique.

« C’est un truisme de le dire. Mais il est plus important de reconnaître que la stagnation du continent berceau de l’humanité est en grande partie liée à la lâcheté, à la paresse, à l’extraversion et à l’attentisme de ses citoyens », ajoute-t-il.

Pour une véritable autonomie de leurs États, propose le docteur Mumbunze, « il s’avère nécessaire que les Africains prennent conscience de leur responsabilité personnelle ».

En d’autres termes, il est d’avis qu’ils doivent avoir « le courage d’user raisonnablement de leur propre entendement en cultivant l’esprit d’inventivité et de créativité sans attendre être dirigés par l’extérieur ou que d’autres fassent le travail à leur place ».

« C’est à cet audace de penser par eux-mêmes, dit-il, de définir eux-mêmes leurs propres modèles de développement et de gouvernance qui ne soient pas des reproductions pures et simples des théories toutes faites conçues ailleurs que nous les invitons, partant du sapere aude kantien ».

Qui est Ludovic Nico Mumbunze?

Fils de Roger Mumbunze Kimeya et de Emmérance Mampiya Kidinda, il est issu d’une famille nombreuse de neuf garçons et deux filles et a fait ses études primaires à l’EP2 Milundu. Ses études secondaires, Ludovic Nico les a faites au Petit Séminaire Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus à Laba et au Collège Saint Jean-Baptiste dans le Diocèse d’Idiofa.

Après son diplôme d’État en Section Littéraire, Option Latin-Philosophie, il a travaillé dans l’équipe de la discipline au Collège Notre-Dame/Lankwan, puis Enseignant de Latin, Français, Philosophie et Directeur de discipline à l’Institut Mukoko.

Il sera ensuite envoyé par la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée en Province Orientale comme Directeur d’Internat, chargé de discipline et Enseignant de Latin, Français, Religion et Anglais au Collège Y’aïso et au Lycée Alife. Le séjour chez les Oblats ne sera pas long.

Revenu à Kinshasa, Ludovic Nico Mumbunze enseigne à l’Institut Salongo Sud dans la commune de Lemba et à l’École Centrale des Arts et Métiers (ECAM) dans la commune Limete. Il entreprend en même temps ses études universitaires aux Facultés Catholiques de Kinshasa, dans la Faculté de Philosophie et fera son stage d’agrégation au Complexe scolaire Mgr Moke dans la commune de Kalamu.

Agrégé de l’Enseignement secondaire du degré supérieur, il est depuis juillet 2015 diplômé d’Études Approfondies (DEA) en Philosophie et doctorant à l’Université Catholique du Congo. Son champ de recherche couvre la philosophie politique, juridique et sociale, la philosophie fondamentale, l’anthropologie et l’épistémologie. Il s’intéresse également à la géopolitique, à la stratégie, à la sécurité et à la défense.

Ancien Président du Comité d’Animation Spirituelle des Étudiants Laïcs (CASEL) et du Mouvement International des Étudiants Catholiques (MIEC) de l’Université Catholique du Congo, Rapporteur de l’Association Mémoire et Dignité du Congo (MDC), il est membre de la Société civile où il a assumé la charge de Rapporteur de la Commission Démocratie et bonne gouvernance à la Nouvelle Société Civile du Congo.

Actuellement, il est président de l’Association des Anciens (étudiants) de l’Université Catholique du Congo et secrétaire général adjoint de l’Association des Anciens du Petit Séminaire de Laba. Il est auteur de « L’humanisme politique chez Kant » aux Éditions Universitaires Européennes en 2014 (192 p.) et de quelques articles scientifiques.

Il enseigne notamment à l’Université Catholique du Grand Bandundu (UCGB), à l’Institut Supérieur de Philosophie (Grand Séminaire Interdiocésain Saint Augustin de Kalonda), à l’Université Révérend Kim, à l’Institut Supérieur d’Informatique Chaminade (ISIC).

Ancien Assistant du Commandant adjoint au Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD), il s’occupe présentement des Recherches Stratégiques au sein de la même institution.

Ludovic Nico Mumbunze a fait ses recherches doctorales à la Rheinische Friedrich-Wilhelms-Universität Bonn (Université Rhénane Frédéric Guillaume de Bonn) en Allemagne sous l’encadrement du Professeur Christoph Horn et à l’Institut Catholique de Paris en France sous l’encadrement du Professeur Jean-François Petit.

Alain Tshibanda