À la découverte des Alumni de l’Université catholique du Congo

À quelques mois de l'organisation de l'assemblée générale de l'association des anciens étudiants de l'UCC, dont il est le coordonnateur, Ludovic Nico Mumbunze répond aux questions de la Rédaction de Congo Plus et explique la raison d'être de son organisation. Entretien exclusif.

Docteur en Philosophie depuis 2020 à l’Université catholique du Congo, ex Facultés catholiques de Kinshasa, Ludovic Nico Mumbunze enseigne dans plusieurs universités et institutions supérieures du pays.

Auteur de nombreux ouvrages et articles dont L’humanisme politique chez Kant, (2014), 192 pages, il a axé sa thèse de doctorat sur le thème: « Conditions de possibilité d’une véritable autonomie des États africains. Réflexion à partir de Kant ». Il est également chargé des recherches stratégiques au Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD).

Christian Nkanu: Bonjour Monsieur Mumbunze. Vous êtes le tout premier Coordonnateur de l’association regroupant les anciens étudiants de la plus grande université catholique privée du pays. Pourquoi un tel regroupement?

Ludovic Nico Mumbunze : Bonjour. Merci pour cette interview. Pour commencer, je vais insister sur le fait que toute université a pour mission fondamentale d’assurer la formation des cadres, qui doivent à leur tour servir dans la société. En réalité, la formation ne s’arrête jamais car la vie est une école. Il est donc normal pour toute université digne de ce nom de chercher à savoir ce qu’est devenue l’élite qu’elle a formée. C’est dans cette perspective que notre association a vu le jour et permet à notre Alma mater de savoir comment évoluent les anciens étudiants, apprécier leur apport au sein de la société. Un peu partout dans les universités du monde, on parle des Almuni. Il y a toujours une association des anciens de telle ou telle autre université.

C.N : Concrètement, quelle mission assignez-vous à votre association ?

L.N.M : Toute organisation naît pour répondre à un ou plusieurs besoins. Globalement, notre association se propose de rassembler les anciens étudiants de l’UCC, aujourd’hui disséminés partout à travers le monde. Nous voulons ainsi créer une dynamique de cohésion, de solidarité et d’entraide entre anciens étudiants. Une attention particulière est accordée à la problématique de l’emploi. L’idée est de défendre toute la rigueur de la formation pluridisciplinaire que nous avons reçue pendant notre formation à l’UCC. Il est aussi vrai que les étudiants de l’UCC se connaissent et sont conscients du niveau d’instruction qu’ils ont reçue dans notre Alma mater, dont la devise est Lumen Super Flumen. C’est-à-dire que nous avons été formés pour être la lumière au-dessus du fleuve, dans chaque environnement où nous allons nous retrouver. Je dois préciser aussi que notre association se soucie toujours de valoriser toute initiative pouvant promouvoir les entreprises mises en place par les anciens étudiants de l’UCC. Par cette organisation, nous voulons également maintenir le cordon ombilical qui nous lie à notre Alma Mater, l’UCC. Son existence et son fonctionnement nous préoccupent sur tous les aspects: formation, organisation de la vie estudiantine, recrutement du personnel, modernisation des infrastructures, etc. En réalité, nous n’avons jamais quitté notre université.

C.N : Comment identifier et rassembler tous ces anciens étudiants d’une université qui existe depuis plus de 60 ans?

L.N.M : C’est un défi énorme. Rappelons que notre association existe depuis 2018. Depuis sa création, plusieurs initiatives ont été lancées en collaboration avec les autorités académiques de l’UCC. Pour identifier et rassembler tous les anciens étudiants, nous avons jugé bon de faire recours notamment à tous les moyens que le développement technologique nous offre ainsi qu’au réseautage direct. Avec la technologie, ce devoir est un peu moins lourd à supporter mais exige sacrifices et détermination. Comme coordonnateur, je dirige une équipe qui rassemble quelques anciens aussi motivés que moi pour relever le défi. Mais en réalité, chaque ancien étudiant est un élément crucial pour permettre à notre association de rassembler autant de membres possibles. Les mails, les réseaux sociaux permettent de joindre de nombreux anciens des différentes générations ou filières. Nous avons même des groupes whatsapp qui fonctionnent avec des objectifs de communication spécifiques. Actuellement, mon équipe et moi travaillons sur l’identité visuelle de notre organisation et pensons aussi sur comment la rendre audible à chaque fois que cela sera nécessaire.

C.N: Quel bilan pouvez-vous dresser à jour?

L.N.M: Depuis sa création, notre association se félicite d’abord d’avoir réussi le pari de rassembler. Aujourd’hui, nous avons pu mettre en relation plusieurs milliers de nos camarades anciens de l’UCC. Je viens de vous préciser que mon équipe travaille sur la visibilité et la lisibilité de l’association. Ce sont des actions essentielles, lourdes de responsabilité et à inscrire dans le temps. Chaque instant compte pour mieux faire. Nous sommes aussi ravis d’avoir permis à certains d’entre nous de trouver du travail grâce au puissant réseautage que nous avons formé au sein de cette association. Tout n’est pas encore accompli. Tant que l’UCC existera et fonctionnera, il est possible d’enregistrer de nouveaux besoins ou préoccupations. Aujourd’hui où demain, l’association sera toujours là pour servir et offrir ce qu’elle peut. Le cordon ombilical ne sera jamais rompu. Pour votre information, il y a de nombreux camarades anciens de l’UCC qui se retrouvent un peu partout dans les entreprises ici au pays ou hors de notre territoire. Sous cette étiquette d’anciens de l’UCC, on peut profiter de beaucoup de choses en termes d’opportunités. Le recteur actuel de l’UCC est lui-même un ancien de notre Alma Mater. Il lui arrive de participer aussi aux activités que l’association organise.