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Covid-19 en RDC, comprendre les chiffres qui embrouillent

Les autorités en charge de la riposte n'ont pas encore publié la situation épidémiologique de la Covid-19 depuis le 08 octobre 2020. À cette date, elles ont indiqué que depuis le début de l’épidémie déclarée le 10 mars 2020 au pays, le cumul des cas remonte à 10.835, dont 10.834 cas confirmés et 1 cas probable. Au total, 276 décès  (275 cas confirmés et 1 cas probable) ont été enregistrés et 10.242 personnes guéries. Depuis, silence radio!

Plus d’une fois, la communication des statistiques officielles sur l’évolution de la Covid-19 à travers le pays a poussé l’opinion à crier haro sur le baudet.

La situation épidémiologique reste donc inconnue pour le grand public depuis une semaine. Où trouver la bonne information sur l’évolution de cette pandémie à travers le pays? Comment éviter de se tromper sans statistiques officielles dans un contexte où rumeurs et croyances, en plus de quelques mouvements de grève du personnel impliqué dans la prise en charge, plombent l’effort de la riposte?

Sur son site, les données disponibles du Secrétariat technique renseignent qu’à ce jour, 10.872 personnes ont été atteintes depuis le début de l’épidémie, 347 cas actifs, 10.249 guérisons et 279 décès. Il se dégage un écart de 37 cas depuis le dernier bulletin publié sur son compte Twitter.

Le problème de synchronisation des données se pose encore plus au niveau de la compréhension du nombre des cas par zones dans la ville de Kinshasa, ou par provinces. En outre, le site ne donne aucun détail sur la situation par zones en provinces.

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Pour Kinshasa, la dernière mise au point remonte au 19 juin 2020. Aucune précision sur la date pour la répartition des cas en provinces.

Ces données affichent 12 provinces touchées par la pandémie, avec Kinshasa en tête (5.286 cas), suivie du Kongo Central (270 cas), Haut-Katanga (183 cas), Sud-Kivu (108 cas), Nord-Kivu (65 cas), Kwilu (3 cas), Tshopo (3 cas), Ituri (2 cas), Équateur (1 cas), Kwango (1 cas), Haut-Lomami (1 cas), Haut-Uélé (1 cas).

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La même difficulté s’observe au sujet des statistiques présentées sur le site par rapport à Kinshasa, indiquant 10 zones de santé les plus touchées à savoir Limete (510), Gombe (506), Kokolo (426), Binza Ozone (398), Lemba (318), Binza Météo (325), KasaVubu (166), Kintambo (146), Lingwala (140) et Bandalungwa (124).

Des données qui ne correspondent en rien à celles du dernier bulletin publié par les responsables de la riposte.

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Il y a peu, dans une interview à ACTUALITE.CD, Docteur Jean-Marie Kayembe, membre de la cellule de riposte, a déploré que depuis un bon moment, il s’observe un relâchement par rapport à l’application des gestes barrières,  alors que l’épidémie n’a pas encore quitté le pays.

Le médecin avait pointé plus particulièrement le port des masques.

« Dans les transports en commun, on a l’impression que la foule s’amoncelle et les masques, on ne s’en préoccupe plus », avait-il relevé.

Évidemment, indiquait ce membre de l’équipe de la riposte, le pays est « en présence d’une pandémie à un germe nouveau que personne ne connaissait auparavant et pour laquelle l’humilité exige que [tout le monde] nous soyons tous, les uns à l’écoute des autres pour apprendre des erreurs des autres afin de ne pas tomber dans le même trou ».

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En RDC, l’équipe de la riposte comprend un Comité multisectoriel de riposte et un secrétariat technique pour la coordination des activités.

Le Comité multisectoriel de riposte (CMRCovid-19) est présidé par le Premier ministre, le ministre de la santé assurant le secrétariat. Il donne les orientations politiques du gouvernement, mobilise les ressources et gère les fonds.

Le CMRCovid-19 est composé principalement  de près de 20 ministères. Le Secrétariat technique est dirigé par un coordonnateur nommé par le Président de la République. Le Secrétaire Général à la santé, l’Inspecteur général de la santé, les représentants des partenaires techniques et financiers, les représentants de la société civile ainsi que toute autre personne sollicitée par le Coordonnateur du ST constituent le Conseil consultatif du Secrétariat technique.

Patrick Nkumu