Nos derniers tweets !

Félix Tshisekedi à la nation: « Aucun engagement politique ne pourra primer sur mes prérogatives constitutionnelles »

Comme annoncé par son directeur de cabinet a.i, le chef de l'État s'est adressé à la nation ce vendredi 23 octobre à 20 heures précises (heures de Kinshasa). Pendant 6 minutes et avec un ton grave, Félix Tshisekedi a souligné la supériorité de ses prérogatives constitutionnelles sur tout engagement politique, de quelle que nature que ce soit. Il a également promis de consulter, dès la semaine prochaine, les forces vives pour la refondation de l'action gouvernementale autour des valeurs liées à l'État de droit.

« Considérant que le salut du peuple est la loi suprême, j’ai décidé d’entamer dès la semaine prochaine une série des contacts visant à consulter les leaders politiques et sociaux les plus représentatifs, afin de recueillir leurs opinions à l’effort de créer une union sacrée de la nation autour des objectifs précités », a révélé le Président Félix Tshisekedi.

Ces consultations, précise-t-il, « visent la refondation de l’action gouvernementale autour des principes de participation à la gestion du pays ».

À l’issue de celles-ci, promet le chef de l’État, « je reviendrai vers vous dans une nouvelle adresse pour vous faire part de mes décisions qui n’excluront aucun cas de figure ».

Lire aussi: « Joseph Kabila et Félix Tshisekedi se disputent le pouvoir qu’ils avaient confisqué au peuple » (Martin Fayulu)

« Je ne laisserai aucun engagement politique, de quelque nature que ce soit, primer sur mes prérogatives constitutionnelles et sur l’intérêt supérieur du peuple congolais« , a déclaré le Président Félix Tshisekedi.

Pour lui, il n’est pas question de transiger « avec les intérêts supérieurs de la nation », ni de céder « la moindre portion de notre souveraineté nationale ».

« Je ne menagerai aucun effort pour préserver la paix et l’unité nationale », a-t-il aussi laissé entendre.

Lire aussi: Ces phrases de Félix Tshisekedi qui énervent ses alliés du FCC

L’État de droit n’est pas un leurre

Félix Tshisekedi a indiqué que « l’État de droit que nous voulons vient d’être conforté par la prestation de serment de 3 juges constitutionnels, ce qui désormais, estime-t-il, assure à cette juridiction un fonctionnement régulier ».

« La restauration de l’État de droit dans notre pays n’est pas un leurre, mais le fruit d’une volonté politique du reste coulée dans un programme de gouvernement, tel qu’adopté par le Parlement », a martelé le Président de la République même si, reconnait-il, « il demeure vrai que sa mise en œuvre énerve certains nostalgiques, habitués à l’impunité et au traitement de faveur ».

Ceci étant, souligne le successeur de Joseph Kabila, « le partage de valeurs liées à l’État de droit et à la justice constituent la condition sine qua none de tout partenariat aux actions de [son] mandat ».

Chaque année, révèle le chef de l’État, plus de 2 millions d’enfants congolais naissent et s’ajoutent au nombre, déjà important, de la population.

« Nous sommes individuellement et collectivement responsables de leur destin. Nous ne pouvons laisser leur avenir à la merci de pesanteurs ou écueils inhérents aux pratiques politiciennes, qui retardent ou affaiblissent la réalisation du programme pour lequel vous m’avez élu », a souligné Félix Tshisekedi.

En tant que chef de l’État représentant de la nation et symbole de l’unité nationale, il dit assurer par son arbitrage, « en vertu de l’article 69 de la Constitution, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions ainsi que la continuité de l’État ».

L’occasion pour lui de réitérer l’engagement de son serment « de ne jamais faillir à cette mission sacrée, et de ne jamais trahir le Congo ».

À travers cette adresse, il a aussi rappelé le contexte et l’origine de la coalition, « qui semblait constituer la solution idoine pour sortir le pays de la crise. Malheureusement, près de deux ans après, les divergences entre les parties signataires plombent le développement de la nation ». 

Il révélé que ces divergences portent essentiellement sur la paix et la sécurité, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la gestion du portefeuille de l’État, l’indépendance de la justice et l’organisation des élections.

Ces questions, dit le Président de la République, ne peuvent être laissées à la merci d’un seul groupe politique, et « nécessitent un large consensus national ».

Depuis la prestation de serment de 3 juges de la Cour constitutionnelle, cérémonie boycottée par le FCC et à laquelle le Premier ministre ainsi que les présidents de deux chambres du Parlement n’ont pas pris part, élus et cadres de cette plateforme ont réitéré leur loyauté à leur autorité morale, l’ancien Président Joseph Kabila.

Le FCC a affirmé qu’il ne reconnaitra aucun de ces 3 nouveaux juges, dénonçant « une violation de la Constitution » par le Président de la République.

Alain Tshibanda