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Coalition FCC-CACH, Félix Tshisekedi donne raison au Cardinal Fridolin Ambongo

Dans un message à la nation le vendredi 23 octobre, dont l'annonce avait suscité aussi bien la psychose que tant d'espoir, le Président Félix Tshisekedi a dénoncé le blocage de son action par le Front commun pour le Congo (FCC), et a décidé d'entamer une série des contacts pour la refondation de l'action gouvernementale. En attendant l'issue de ces consultations, qui débutent dès la semaine prochaine, les révélations faites par le chef de l'État rappellent les propos de l'Archevêque métropolitain de Kinshasa, le Cardinal Fridolin Ambongo, tenus en marge du 60ème anniversaire de l'indépendance du pays.

Le 30 juin 2020, le Cardinal Ambongo déplorait qu’il n’y a de coalition au pouvoir que de nom, car disait-il, « de part et d’autre, c’est le désamour, le cœur n’est plus à l’ouvrage ».

Pour l’archevêque congolais, que les fins observateurs présentent comme un homme qui n’a pas la langue dans sa poche, « au lieu de travailler ensemble autour d’un programme commun de gouvernement, les coalisés ne se font plus confiance. Ils ont développé un rapport dangereux de rivalité qui risque d’entrainer tout le pays dans le chaos définitif ».

Sa sortie médiatique avait suscité une vague de contestation au sein de la coalition au pouvoir, reprochant même au prélat de prêcher la division, dont le pays n’aurait nullement besoin. Le temps a-t-il fini par donner raison à cet ancien président du Conseil d’administration de l’Université catholique du Congo ? À en croire les révélations que vient de faire le chef de l’État, le prélat n’a pas eu tort.

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Dans son adresse du 30 juin dernier, le Cardinal Ambongo regrettait effectivement de voir que « l’action gouvernementale est complètement paralysée et le service légitime à rendre à la population est sacrifié ».

Une réalité que le député Christiphe Lutundula a aussi dénoncée, « une crise profonde qui n’est pas de nature à rassurer les congolais et les partenaires extérieurs ».

« Le peuple est abandonné », disait également le Cardinal Ambongo avant de conclure qu’en définitive, « la coalition au pouvoir a perdu sa raison d’être ».

Pour l’Archevêque métropolitain de Kinshasa, cette coalition « devrait normalement disparaître » et c’est « de la responsabilité de ceux qui se sont coalisés de faire éclater cette coalition qui conditionne le développement du pays ».

Près de quatre mois après le message du Cardinal Ambongo, Félix Tshisekedi a rappelé la supériorité de ses prérogatives constitutionnelles sur tout engagement politique de quelle que nature que ce soit.

« Le salut du peuple est la loi suprême », a lâché le chef de l’État en promettant qu’au terme de ses consultations, aucun cas de figure n’est à exclure. Un suspens après un autre, que ses partenaires du FCC promettent d’apprécier.

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Si Félix Tshisekedi considère la prestation de serment des 3 nouveaux juges de la Cour constitutionnelle, qu’il a reçu le mercredi 21 octobre au Palais du peuple, comme un pas qui vient consolider la restauration de l’État de droit, au parti de l’ancien Président Joseph Kabila, on déplore plutôt une violation de la Constitution et on espère que son allié reviendra sur ses ordonnances.

Pour le secrétaire permanent adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD), Ferdinand Kambere, le discours du chef de l’État de ce vendredi est une déception. Pour l’instant, le FFC se réserve de commenter les propos de Félix Tshisekedi.

Revenant sur le contexte et l’origine de la coalition FCC-CACH, Félix Tshisekedi constate que près de deux ans après son avènement au pouvoir, « les divergences entre les parties signataires plombent le développement de la nation ».

Parmi ces sujets qui divisent la coalition FCC-CACH, le chef de l’État a pointé la paix et la sécurité nationales, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), l’organisation des élections, le portefeuille de l’État, l’indépendance de la justice, défis qui « nécessitent un large consensus national », a-t-il souligné.

Jusqu’où ira Félix Tshisekedi, qui avait promis de déboulonner le système dictatorial qui était en place et de n’oublier aucun sacrifice, pour affirmer la supériorité de ses prérogatives constitutionnelles, respecter son serment qu’il promet de ne jamais trahir? Seul le temps répondra à cette interrogation.

Alain Tshibanda