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Croisades contre Sele Yalaghuli sur les réseaux sociaux

Plusieurs forums Whatsapp ont été la cible d’un bombardement systématique, depuis le week-end dernier, annonçant l’apocalypse: « la Regideso est dans l’incapacité de fournir de l’eau potable », la population appelée à se constituer une réserve du précieux liquide et le syndicat accusant « le ministre José Sele Yalaghuli de bloquer le paiement inhérent au bon fonctionnement de cette société ».

Une campagne, pas la première, subtilement orchestrée en exhumant une vieille information de la célèbre radio Top Congo FM, il s’agit bien de mardi 24 décembre 2019 que mentionne la journaliste, dans le seul but inavoué de discréditer « l’homme qui a sauvé le programme des 100 premiers jours du Président Félix Tshisekedi ».

Ci-dessous, l’extrait du journal de Top Congo FM partagé sur les réseaux sociaux

Nouvelle croisade contre l’ancien directeur général de la Direction générale des impôts. Son seul péché, l’orthodoxie en matière de gestion des finances publiques. En effet, il y a près de 5 mois, le technocrate avait reçu quelques boulets rouges sur les réseaux sociaux, présenté à l’opinion comme étant le responsable des problèmes financiers dans le pays.

Le ministre des finances est accusé de saboter l’action du chef de l’État, une accusation explosive surtout dans ce contexte de crise qui semble sonner le glas de la coalition au pouvoir.

« Ce sont des énoncés spéculatifs qui n’ont aucune connexion avec les faits », avait déclaré son conseiller économique lors d’un entretien en août dernier avec la presse locale.

Dandy Amsini Matata expliquait que « pour saboter l’action du chef de l’État, il faut avoir les leviers ».

À lire: Le ministre des finances ne sabote pas l’action du Président Félix Tshisekedi (Dandy Amsini)

Avec le fiasco économique qui pointe à l’horizon, une certaine opinion considère qu’il est temps de désigner les coupables: la coalition FCC-CACH ayant montré ses limites, la stratégie consiste désormais à faire porter à certains membres du gouvernement la responsabilité de tout échec éventuel.

Après la polémique sur les exonérations, qualifiées d’illégales par l’Inspection générale des finances (IGF), « sans en produire la liste, sans en démontrer l’illégalité et sans en avoir la moindre preuve », explique un économiste ayant requis l’anonymat, la paie des fonctionnaires est au centre de la nouvelle guerre contre José Sele Yalaghuli.

Pourtant, le rapport circonstancié du Ministère des Finances sur la question relative aux exonérations « attend toujours d’être examiné en conseil des ministres à la demande du Chef de l’État ».

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Concernant la paie des fonctionnaires, il sied de noter qu’elle est globalement gérée par le ministère du budget et non celui des finances et représente une dépense qualifiée de contraignante, autrement dit une priorité absolue.

« Les dépenses contraignantes avalent 96% de nos recettes. Si on ajoute quelques engagements courants de l’État, nous dégageons un déficit structurel de 104% tous les mois », avait révélé Dandy Amsini Matata en août dernier.

Dans ce contexte, s’était demandé le conseiller économique du ministre des finances, « comment dire qu’on ne paye pas [les dépenses de l’État]? »

Aujourd’hui, les observateurs estiment que le chef de l’État est conscient d’une certitude: malgré les lourdes charges que son cabinet fait supporter au trésor public, c’est au prix de beaucoup d’efforts que les fonctionnaires sont payés.

« À partir du moment où les pressions sur les dépenses, qui relèvent d’une demande sociale forte, nous conduisent à des pressions inflationnistes, ça nous remet quand-même devant nos responsabilités en ce qui concerne l’effort de mobilisation des recettes », avait affirmé Dandy Amsini Matata.

Pour le jeune économiste, « c’est sur cette question qu’il faut se concentrer : les vraies réformes plutôt que de spéculer sur qui est responsable ».

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« Nous avons voté un budget de plus de 11 milliards de dollars américains alors qu’en exécution, c’est très difficilement comptable sur la moitié de ce budget. Cette déconnexion crée une pression sur les dépenses, qui est de nature à remettre en cause la capacité de l’autorité de la politique budgétaire à ne pas recourir aux avances de la Banque centrale et donc à limiter les pressions inflationnistes », expliquait Dandy Amsini Matata.

Il déplorait également l’incapacité de l’autorité budgétaire à déployer ses outils.

« Vous savez que 75% de recettes collectées sont affectées aux rémunérations. Cela signifie que dès que nous avons payé nos policiers, nos militaires, nos fonctionnaires, nous avons consommé 75% des ressources collectées », fait-il savoir.

Si, indiquait-il, on ajoute à cela le remboursement de la dette extérieure, déjà très contraignant, ainsi que les frais de fonctionnement des institutions, les dépenses se situent autour de 96%.

« C’est une moyenne mensuelle depuis mars 2020. Il ne reste que 4% pour gérer l’ensemble des problèmes de la République », résumait-t-il.

Une telle situation demande au gouvernement de « faire des arbitrages douloureux et difficiles entre l’urgent et le nécessaire ».

Et à force de négliger le nécessaire pour l’urgent, regrette le Conseiller du ministre des finances, « on finit par oublier l’urgence du nécessaire ».

Patrick Nkumu