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FCC-CACH, et si l’accord n’existait pas?

La coalition FCC-CACH au pouvoir tend progressivement vers le divorce. Même si plusieurs observateurs considèrent qu'elle ne pouvait réussir, notamment à cause du lourd passé belliqueux entre le Front commun pour le Congo et le Cap pour le changement, nombreux sont ceux qui se demandent si réellement la constitution a été sacrifiée à l'autel d'un quelconque accord entre l'ancien chef de l'État et l'actuel Président de la République.

« C’est devenu un impératif », répond Justin Kimakima sur Twitter, proche collaborateur du député Delly Sessanga et membre du Groupe des 13 personnalités à avoir pris l’initiative d’appeler aux réformes…électorales !

Doctorant en philosophie politique l’Université catholique du Congo et cofondateur du parti politique Envol, il estime qu’il y a « une constance dans les déclarations de tous, y compris celles de deux uniques partenaires de l’accord FCC-CACH : cet accord privé a réussi à prendre le pays en otage et bloque la gouvernance du pays ».

« C’est donc devenu un problème national, en ce qu’il est à la base de la crise. Du coup, on ne saurait désamorcer la crise et prévenir une plus grande crise dans l’avenir sans connaître le contenu réel de cet accord, à moins d’un courage exceptionnel du chef de l’État le conduisant à empêcher définitivement que cet accord influence encore les affaires publiques, sur pied de l’article 69 de la constitution et prendre toutes les mesures qui s’imposent pour empêcher dans l’entre temps que ceux qui s’accrochent à cet accord, et en profitent pour influencer la marche de l’État, soient mis hors du circuit décisionnel », confie le philosophe à Congo Plus.

Mais dans tous les cas, pense Justin Kimakima, « maintenant ou après, les Congolais ont le droit de connaître les dispositions de cet accord qui aura arrêté l’État et le fonctionnement harmonieux de ses institutions pendant deux ans ».

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Pour ces progressistes du G13, hommes et femmes de diverses tendances que le chef de l’État vient de recevoir dans le cadre des consultations qu’il a initiées pour constituer une « union sacrée de la Nation » et « recadrer l’action gouvernementale », la nouvelle force que souhaite dégager Félix Tshisekedi « n’est pas un camp politique » mais « une communion d’idées et d’actions pour sauver le pays ».

« Je ne suis pas responsable de l’échec de l’accord FCC-CACH », leur a dit Félix Tshisekedi mardi 10 novembre au Palais de la nation. Une confidence qui intervient, rappelle Instants News, quelques jours après la clôture de la deuxième retraite politique du Front commun pour le Congo (FCC), l’allié de Félix Tshisekedi et principal accusé de bloquer l’action du chef de l’État.

À cette occasion, le camp de Joseph Kabila avait laissé entendre sa volonté de dialoguer avec le Président de la République, uniquement dans le cadre des mécanismes prévus dans l’accord qui a permis à Joseph Kabila et Félix Tshisekedi de diriger le pays depuis 2019.

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Quelques jours plus tôt, les propos attribués au « premier Sénateur à vie » que compte le pays, précédés par une sortie médiatique du secrétaire permanent de son parti politique, le PPRD, ont exposé l’opinion à la confusion sur le prétendu accord.

Existe-t-il vraiment un quelconque accord qui a permis la coalition au pouvoir ? « Qui en sont les témoins? », s’interroge-t-on.

Lors de son dernier message à la nation, Félix Tshisekedi a implicitement annoncé la mort de la coalition FCC-CACH au pouvoir, et considéré que le salut du peuple est la loi suprême. Une phrase de l’actuel chef de l’État qui a énervé ses partenaires, qui dénoncent depuis « les manœuvres du Président de la République pour débaucher ».

« Aucun engagement ne peut primer sur mes prérogatives constitutionnelles« , avait prévenu le Président de la République dans son incroyable discours de 6 minutes à la nation.

Halte à la violence…

Plus d’une semaine après le lancement des consultations, marquées également par la fin de la retraite politique du camp de Joseph Kabila, des appels à éviter le pire sont lancés à travers les médias et les réseaux sociaux. À la base, notamment le message d’Augustin Kabuya, secrétaire général du parti de Félix Tshisekedi, qui considère que « ceux qui ont tué Thérèse Kapangala » et autres doivent payer pour leurs crimes.

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« On vous a beaucoup pardonné. Vous avez tué beaucoup des gens. Si vous pensez que demain vous allez retourner au pouvoir pour faire souffrir le peuple, oubliez cela. Le FCC a tué ce pays et n’est pas un modèle en Afrique », avait déclaré le sulfureux Augustin Kabuya.

« Aujourd’hui, vous vous organisez avec le ministre des finances pour qu’il ne décaisse pas l’argent afin de dresser l’armée, la police et les fonctionnaires contre le chef de l’État. Nous allons répondre. On se prépare. Nous n’allons pas nous laisser faire. Je ne le dis pas pour faire plaisir aux gens. Sans l’UDPS, ils allaient subir le sort des anciens Mobutistes le 17 mai 1997. Beaucoup vont bientôt aller en exil et comprendront que c’est l’UDPS qui les protégeaient », indiquait également le secrétaire général du parti présidentiel.

La mission onusienne a aussi, à travers le sa division des droits de l’homme, appelé à la retenue et dénoncé tout appel à la violence.

Christian Nkanu