Sele Yalaghuli porte plainte contre Augustin Kabuya pour diffamation et incitation à attenter à la vie d’autrui

Le ministre des finances en a eu marre du secrétaire général de l'Union pour la démocratie et le progrès social, le parti présidentiel. Augustin Kabuya va devoir se présenter auprès du Procureur général près la Cour d'appel de Kinshasa/Gombe, que José Sele Yalaghuli a saisi comme le témoigne sa lettre portant le numéro CAB/MIN/FINANCES/JUR/TMK/202/2770. Le chef de l'État, informé par le même canal.

Le ministre des finances fait référence à « un enregistrement audio infractionnel en circulation mettant en exergue Monsieur Augustin Kabuya s’adressant à une foule et à la Presse le 10 novembre 2020″.

Dans cet enregistrement sonore, on entend la voix du secrétaire général de l’UDPS dire que « nous verrons comment vous allez vous déplacer sans être inquiétés. Vous avez commis des assassinats, beaucoup de crimes, dont des crimes économiques Vos noms sont cités partout dans les pillages de ce pays, et aujourd’hui, vous vous organisez avec la complicité du ministre des finances pour qu’il dresse l’armée, la police et les fonctionnaires contre le chef de l’État ».

Lire aussi: Croisades contre Sele Yalaghuli sur les réseaux sociaux 

Ce jeudi 12 novembre, le porte-parole de l’armée a même lancé une sévère mise en garde pour toute tentative de démoralisation et de manipulation des hommes en uniforme par les politiciens.

Ces « officines sont bien connues et bientôt neutralisées », a déclaré le général Léon Richard Kasonga.

« Le fait que Monsieur Augustin Kabuya se soit permis dans ses propos incendiaires de faire allusion personnellement à moi et à trois reprises dans son discours des menaces et d’appel à la violence à mon endroit particulièrement, me fonde à vous saisir et dénoncer ce comportement infractionnel contre ma personne », écrit l’ancien directeur de cabinet de l’ex Premier ministre Augustin Matata Ponyo Mapon, convaincu que le Procureur général va appliquer « la loi pénale dans sa rigueur ».

Lire aussi: Délocalisation de l’état-major des FARDC, l’armée dénonce l’intox

Reddition des comptes 2019, le projet de loi déclaré recevable

Mercredi, le projet de reddition des comptes 2019 a été déclaré recevable, au cours de la plénière après le débat général, et est renvoyé à la Commission économique et financière de la chambre basse du Parlement pour un examen approfondi sous 7 jours.

Du débat général qui s’est dégagé après sa présentation, les élus ont déploré les dépassements budgétaires dans le fonctionnement de certaines institutions, la Présidence de la République étant en tête.

Pour rappel, c’est le lundi 02 novembre dernier que le ministre des finances avait déposé, au bureau de l’Assemblée nationale, représenté par sa présidente Jeannine Mabunda, le projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2019.

Par cet acte, renseigne le ministère, José Sele Yalaghuli s’est plié aux prescrits de l’article 87 de la loi relative aux finances publiques qui conditionne l’examen du projet de loi des finances de l’année suivante au vote préalable de la loi de reddition des comptes de l’exercice initialement clos.

« Cette session parlementaire étant budgétaire, ce geste entre dans le cadre de la redevabilité du Gouvernement vis-à-vis de la représentation nationale. Il intervient après la présentation du projet de loi des finances rectificative 2020 et le dépôt du projet de budget 2021 par le Premier Ministre », précise le ministère des finances.

Le projet de loi de reddition des comptes de l’exercice 2019 se décline sur deux 2 axes, dont le niveau de mobilisation des recettes et le niveau de dépenses engagées, comparativement aux prévisions.

On retiendra qu’en 2019, poursuit le cabinet ministériel, sur les prévisions budgétaires équilibrées de 9.604,890 milliards CDF (soit 5,7 milliards de dollars americains), le Gouvernement a pu mobiliser 7.008,2 milliards CDF (4,184 milliards USD) des recettes en même temps qu’il a engagé des dépenses de 7.573 milliards CDF (4,521 milliards USD), selon les chiffres provisoires arrêtés au 20 décembre 2019.

Patrick Nkumu