Après 24 heures de détention à l’ANR, Tshala Muana relaxée

La nouvelle de son interpellation s'est répandue plus vite que celle de la décision prise par la Commission nationale de censure des chansons et des spectacles, structure créée en juillet 1996 et rattachée au ministère de la justice et garde des sceaux, portant interdiction de diffusion de "Ingratitude", une œuvre de Tshala Muana. Finalement, l'Agence nationale des renseignements a décidé de relaxer la star ce mardi 17 novembre.

Prise par l’Avocat général près le Conseil d’État le 16 novembre, l’interdiction vise donc les télévisions et radios « installées » à travers le pays, reprochant à l’artiste Tshala Muana d’avoir lancé un jour plus tôt la chanson incriminée, sur le marché avec des images dans différentes plates formes, en violation des dispositions des articles 2, 5 et 13 du décret 0003 du 21 février 1996 portant création de la Commission nationale de censure des chansons et des spectacles.

Pour cette Commission, « ce comportement constitue une violation de la loi prévue par les dispositions de l’article 14 du décret ci-haut et est passible d’une peine de servitude pénale d’un à six mois ou d’une amende transactionnelle ».

Une détention de la honte…

La mise aux arrêts de Tshala Muana, lundi autour de 11 heures par les des agents de l’Armée, a suscité un mouvement collectif d’indignation, perceptible notamment à travers les réseaux sociaux, où plusieurs ont exigé sa libération sans condition.

Pour Claude Mashala, son producteur et membre du parti de Joseph Kabila, « la chanteuse a été traitée comme une criminelle sans tenir compte de son état de santé« , arrestation « d’une inutilité à faire parler les muets », déplore Serge Tshiani.

Sur Twitter, le chargé de communication de Force grise, structure membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), estime qu’il existe les « instances appropriées à l’instar de la commission de censure pour juger du caractère moral et prétendument insultant » de la chanson « Ingratitude ».

Dans cette chanson, qui émerge dans un contexte de crise au sein de la coalition FCC-CACH, certains estiment que l’artiste a pris l’actuel chef de l’État pour cible. Mais Tshala Muana explique que son opus incriminé n’était pas encore mixé, n’a pas de clip non plus, ni destiné au Président de la République.

Elle « travaille dessus depuis longtemps » et « chante la trahison » pour l’avoir beaucoup vécue dans sa vie professionnelle.

Christian Nkanu