« Les Larmes du Kivu », initiative lancée à Kinshasa contre l’insécurité dans l’Est du pays

Sans la paix, il est impossible de développer le pays, assène la Secrétaire générale adjointe du Parti national pour la nouvelle énergie du Congo (PNEC), en charge du Genre et relations avec les associations. Pour marquer son indignation face aux tueries dans l'Est du pays, le PNEC a organisé une marche à Kinshasa le samedi 28 novembre. 

La motivation derrière Les Larmes du Kivu, qui est à sa troisième édition, « c’est notre humanité », confie Deborah Nyamugabo à Congo Plus.

« Les personnes qui sont tuées dans l’Est du pays sont des êtres humains. Comme nous, ils ont aussi droit à la vie. Mais pendant plus de deux décennies, on ne parle toujours que de la guerre et des conflits entre communautés dans cette partie du pays », regrette-t-elle.

Chargée du genre au sein de son parti politique, elle déplore aussi le fait que « les enfants de ce coin ne vont pas à l’école, à cause de ces guerres et autres conflits. Quand elle n’est pas massacrée, la population est obligée de prendre la fuite. Ces enfants, qui ne peuvent plus se rendre à l’école, constituent une grande partie de toute une génération que nous risquons de perdre ».

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Déborah Nyamugabo indique que « ces enfants ont pourtant besoin d’accéder aux écoles et à l’instruction. Seule la paix et la sécurité peuvent le permettre ».

Sinon dans dix ans, craint la jeune femme engagée, le pays « sera face à une population qui doit participer à la gestion de la République, mais qui ne dispose pas des compétences nécessaires à cause de l’influence néfaste de cette insécurité sur l’école ».

Pour éviter une telle situation, le PNEC a lancé cette initiative pour que « la communauté internationale et les congolais puissent se battre pour le retour de la paix particulièrement dans ce coin du pays ».

La finalité des Larmes du Kivu, soutient Déborah Nyamugabo, « c’est de voir la population aller aux champs, que les citoyens se rendent au travail et les enfants à l’école ».

Grands Lacs, Chefs d’État interpellés 

« Nous voulons voir le Président de la République et ses homologues africains, particulièrement ceux des Grands Lacs, se mettre ensemble pour trouver une solution » à cette insécurité, explique la secrétaire générale adjointe du PNEC en charge des relations avec les associations.

« Si c’est pour le partage des ressources et autres minerais que compte le pays, pense-t-elle, il y a toujours de compromis qu’on peut trouver sans verser le sang des populations ».

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« Nous ne voulons plus voir les larmes du Kivu couler », dit-elle avant de conclure que « sans la paix, le congo ne peut être développé ».

C’est depuis le jeudi 14 novembre que le PNEC, dirigé par Michel Mwika, avait saisi le gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila, à travers une lettre d’information pour lui faire part de sa marche du samedi 28 novembre dans la capitale.

Il y a quelques jours, deux chasseurs de l’armée de l’air angolaise ont survolé le ciel de Kinshasa dans le cadre d’une coopération militaire entre l’Angola et la RDC. Derrière ces manœuvres militaires, des avions de combat ayant survolé également la ville de Beni après l’étape de Kinshasa, le message reste clair: l’ordre et la paix régneront sur l’ensemble du territoire congolais.

Alain Tshibanda