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Ce que les députés pétitionnaires reprochent à Jeanine Mabunda

Annoncée pour 10 heures, conformément au communiqué diffusé par le premier secrétaire et rapporteur a.i de l'Assemblée nationale, le député national Gael Bussa, la plénière a débuté près de trois heures après, consacrée à l'examen des pétitions ciblant Jeanine Mabunda et l'ensemble du bureau de la chambre basse du Parlement. À 14 heures 00', le président du Bureau d'âge a invité, conformément au Règlement intérieur, les signataires des différentes pétitions à prendre successivement la parole pour détailler ce qu'ils reprochent à ce bureau. Il faut noter que depuis l’éviction de Jean-Marc Kabund au poste du premier Vice-Président de l'Assemblée nationale, le poste est resté vacant jusqu'à ce jour.
Une vue d'ensemble de la salle des plénières. Tous droits réservés.
Une vue d'ensemble de la salle des plénières. Tous droits réservés.

Les pétitionnaires veulent chasser Jeanine Mabunda, élue présidente du bureau de l’Assemblée nationale le 24 avril 2019, « pour fautes graves et incompétences notoires », et ce, disent-ils, « conformément aux articles 25, 30 et 31 du RI » de la chambre basse du Parlement, a affirmé le porte-parole de ces députés, insistant sur la recevabilité de la pétition pour la déchéance de l’ancienne ministre du portefeuille, forte de 251 signatures. Pour la pétition contre le Président du bureau, la loi prévoit le seuil d’un quart des signatures.  Considérant les signatures recueillies, le porte-parole des pétitionnaires considère que cette initiative « équivaut à un désaveu total et absolu de la Présidente de l’Assemblée nationale ».

 

Parmi les motifs retenus contre Jeanine Mabunda, les pétitionnaires retiennent « l’opacité de la gestion des finances de l’Assemblée nationale », « l’absence d’un règlement financier qui n’a jamais été soumis à l’approbation de l’assemblée plénière », situation qu’ils estiment être à la base de cette mégestion décriée. Ces députés dénoncent de la part de la Présidente de l’Assemblée nationale son refus délibéré d’asseoir cette Chambre du Parlement sur un règlement financier. Ils dénoncent également son « mépris à l’égard de la plénière », organe souverain de l’Assemblée nationale.

Lire aussi: « Une nouvelle majorité est nécessaire, j’ai décidé de nommer un informateur conformement à la Constitution » (Félix Tshisekedi)

Pour les pétitionnaires, Jeanine Mabunda « s’est toujours illustrée notamment par des initiatives conflictogènes et partisanes », allusion faite par exemple à la cérémonie de prestation de serment des 3 nouveaux juges de la Cour constitutionnelle, nommés par le Président de la République. Les pétitionnaires sont formels, il y a « violation du Règlement intérieur et de la constitution, de la part de Jeanine Mabunda du fait qu’elle permet l’inscription des certaines matières de l’assemblée plénière sans les soumettre préalablement à la conférence des présidents ».

Pour toutes ces raisons, les pétitionnaires invitent l’assemblée plénière à soutenir cette initiative pour la déchéance de la présidence Jeanine Mabunda et de tous les autres membres du bureau. Ces pétitions interviennent moins d’une semaine après le discours prononcé par le Président Félix Tshisekedi, le dimanche 06 décembre 2020, proclamant la fin de la coalition et la nomination imminente d’un informateur pour dégager « une nouvelle » majorité, à l’Assemblée nationale.

Ceci n’est pas seulement un discours, c’est un appel à la mobilisation générale face à la dégradation de la situation de notre pays, voulue et orchestrée par les fossoyeurs de la République.

Mes Très Chers Compatriotes,

Comme j’ai eu à vous le dire le 23 octobre dernier, nous n’avons pas le droit de prendre en otage le devenir de notre Nation à cause de querelles politiciennes et de repositionnement. Je ne peux en conséquence me résoudre à demeurer dans le statu quo et l’immobilisme. Le temps n’est plus propice aux atermoiements, ni aux discussions stériles, ni encore aux intérêts partisans. Les replis tactiques et les combats d’arrière-garde n’ont plus aucun sens. Ce moment historique nous impose de prendre nos responsabilités, en vue d’instaurer un État de droit et de démocratie conformément à la mission que vous m’avez confiée, et dont je mesure la grandeur.

C’est pourquoi j’ai décidé de faire porter le grand projet de refondation du pays par l’ensemble des forces vives politiques et sociales que compte notre pays, au sein d’une Union Sacrée de la Nation.

Par Union Sacrée, j’entends une nouvelle conception de la gouvernance basée sur les résultats dans l’intérêt supérieur de la Nation. Il s’agit d’adhérer aux valeurs, principes et cadre programmatique dont je viens de fixer ici les grandes lignes.

Ainsi pour rendre effectives et concrétiser les réformes envisagées, la majorité parlementaire actuelle s’étant effritée, une nouvelle majorité est nécessaire.

En conséquence, j’ai décidé de nommer un INFORMATEUR, conformément aux dispositions de l’article 78, alinéa 2, de la Constitution. Il sera chargé d’identifier une nouvelle coalition réunissant la majorité absolue des membres au sein de l’Assemblée Nationale.

C’est avec cette nouvelle coalition que le Gouvernement qui sera mis en place au plus vite, conduira son action durant le reste du quinquennat, suivant Ma vision, dans le but de répondre aux aspirations du peuple.

Au cas contraire, fort de ce que les raisons de dissolution sont réunies en ce qu’il existe effectivement une crise persistante cristallisée notamment par le refus du parlement de soutenir certaines initiatives du Gouvernement comme ce fut le cas lors de la prestation du serment des membres de la Cour Constitutionnelle, j’userai des prérogatives constitutionnelles qui me sont reconnues, pour revenir vers vous, peuple souverain, et vous demander une majorité, avait affirmé Félix Tshisekedi.

Patrick Nkumu