« Merci pour votre élégance de m’avoir encore appelée Honorable Présidente » (Mabunda)

C'est la deuxième phrase prononcée par Jeanine Mabunda ce jeudi 10 décembre 2020 lors de l'assemblée plénière consacrée à l'examen des pétitions contre les membres du bureau de la Chambre basse du Parlement, qu'elle préside depuis le 24 avril 2019. C'est à 15 heures 00' (heure de Kinshasa), sur invitation du président du bureau d'âge mis en place pour examiner ces pétitions, que Jeanine Mabunda a pris la parole pour présenter ses moyens de défense. Une intervention très interrompue dès le début de sa prise de parole. Après avoir fourni des explications par rapport aux différentes accusations, formulées par les pétitionnaires, Jeanine Mabunda "a présenté des excuses" pour tout acte qui aurait justifié la situation actuelle et, confiante, elle a invité l'assemblée plénière à rejeter la pétition formulée contre elle.
Jeanine Mabunda, présidente du bureau de l'Assemblée nationale depuis le 24 avril 2019
Jeanine Mabunda, présidente du bureau de l'Assemblée nationale depuis le 24 avril 2019

« Laissez moi poursuivre », a déclaré Jeanine Mabunda visiblement bousculée par la plénière, mais gardant son ton habituel et très calme.

« Nous avons évolué dans un contexte qui n’a pas toujours permis un fonctionnement normal de l’Assemblée nationale », a-t-elle également rappelé en soulignant « qu’à partir de mars 2019, des mesures drastiques, liées au Covid-19, ont perturbé le fonctionnement normal des institutions et le rythme de traitement de nos travaux ».

« C’est une évidence qui s’est appliquée aussi bien à nous, au gouvernement qu’aux autres institutions », a-t-elle poursuivi.

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« L’Assemblée nationale est une institution complexe », a martelé l’ancienne ministre du portefeuille en faisant allusion, « aux 500 députés et le personnel constituant » cette chambre du Parlement.

Accusée par les députés pétitionnaires notamment d’avoir boycotté la cérémonie de prestation de serment des trois nouveaux juges de la Cour constitutionnelle, organisée dans la salle des plénières du Palais du peuple, jugée partisane et conflictogène, Jeanine Mabunda estime que cette décision, de ne pas prendre part à ladite cérémonie, « a été prise au cours de la conférence des présidents le 20 octobre 2020, sanctionnée par un communiqué ».

En ce qui concerne la recevabilité, Jeanine Mabunda a déploré le fait que « la pétition ne mentionne pas le nombre exact de personnes qui l’ont signéé, tantôt le texte ne dit rien ».

« Mais, dit-elle, là n’est pas le problème. Il n’est pas dans ma nature d’échapper à toute piste » d’expliquer les actions posées.

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Peu avant le début de la plénière, le Front commun pour le Congo (FCC) a réaffirmé son soutien à Jeanine Mabunda qui, dans ses moyens de défense a rappelé aux élus du peuple que « la vérité est que le contrôle parlementaire s’effectue réellement ».

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« Il ne faut pas limiter [le contrôle parlementaire] uniquement aux débats en plénière », explique-t-elle alors que pour les députés pétitionnaires, cette action du Parlement « n’est pas sérieuse ».

Jeanine Mabunda indique qu’elle « revêt aussi la forme des auditions en commissions ».

C’est ce jeudi 10 décembre 2020 que les députés vont décider de maintenir ou non la présidente ainsi que les autres membres du bureau de l’Assemblée nationale. La loi de la majorité va donc s’imposer dans un climat caractérisé par des accusations de corruption des uns et des autres. Un vote très déterminant par rapport aux récentes initiatives prises par le Président de la République pour la « refondation de l’action gouvernementale » autour des principes de participation à la gestion publique.

Alain Tshibanda