L’OMS lance une campagne d’un an pour aider 100 millions de personnes à arrêter de fumer

L'organisation mondiale pour la santé (OMS) a lancé, depuis début décembre, une campagne mondiale pour une période d'une année pour la Journée mondiale sans tabac 2021 — « S’engager à arrêter pendant la COVID-19 », en lançant sur WhatsApp le nouveau défi « J’arrête de fumer » et en publiant « Plus de 100 raisons d’arrêter de fumer ». 

Cette campagne cible une vingtaine des pays, à savoir : les États-Unis d’Amérique, les États-Unis du Mexique, la Fédération de Russie, la République de l’Inde, la République de Pologne, la République démocratique du Timor-Leste, République des Philippines, la République d’Indonésie, la République du Suriname, la République fédérale d’Allemagne, la République fédérale démocratique d’Éthiopie, la République fédérale du Nigéria, la République fédérative du Brésil, la République islamique d’Iran, la République islamique du Pakistan, la République populaire de Chine, la République populaire du Bangladesh, la République socialiste du Viet Nam, la République sud-africaine, la République turque, le Royaume hachémite de Jordanie et l’Ukraine.

« S’engager à arrêter pendant la COVID-19 » contribuera à mettre en place des environnements plus sains et propices à l’abandon du tabac en préconisant des politiques fortes en la matière, en améliorant l’accès aux services de sevrage tabagique, en sensibilisant aux tactiques de l’industrie du tabac et en donnant aux consommateurs de tabac les moyens de réussir à arrêter de fumer au moyen d’initiatives « gagner à arrêter », indique l’OMS.

Pour l’organisation, la pandémie de COVID-19 a poussé des millions de consommateurs de tabac à dire qu’ils voulaient arrêter de fumer. Elle renseigne également que cette campagne va appuyer sur des groupes d’anciens consommateurs pour apporter un soutien à au moins 100 millions de personnes qui s’efforcent de renoncer au tabac.

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En collaboration avec ses partenaires, l’OMS « créera et renforcera des communautés en ligne où les gens peuvent trouver le soutien social dont ils ont besoin pour arrêter de fumer. L’attention portera avant tout sur les pays fortement touchés où vivent la majorité des consommateurs de tabac dans le monde ».

L’OMS a annoncé et se félicite « des nouvelles contributions de partenaires, notamment d’entreprises du secteur privé qui ont offert leur soutien comme Allen Carr’s Easyway, Amazon Web Services, Cipla, Facebook, GlaxoSmithKline, Google, Johnson & Johnson, Praekelt Foundation, Soul Machines et WhatsApp ». 

Les experts expliquent qu’il est « difficile d’arrêter de fumer, surtout avec les facteurs supplémentaires de stress social et économique qui apparaissent du fait de la pandémie ».

Dans le monde, les statistiques indiquent qu’environ 780 millions de personnes disent vouloir arrêter de fumer, mais 30 % d’entre elles, seulement, ont accès aux outils qui peuvent les aider à y parvenir.

En collaboration avec ses partenaires, l’OMS entend fournir aux personnes concernées les outils et les ressources dont elles ont besoin pour réussir leur tentative de sevrage.

« Le tabagisme tue huit millions de personnes par an, mais si les consommateurs cherchent une motivation pour mettre fin à cette habitude, la pandémie peut les y encourager », a relevé le Directeur général de l’OMS, le DTedros Adhanom Ghebreyesus.

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Dans un document d’information scientifique qu’elle a publié plus tôt cette année, l’OMS avait démontré que les fumeurs avaient un risque plus élevé de développer une forme grave de la COVID-19 ou d’en mourir. La même étude souligne le fait que « le tabac est également un facteur de risque majeur de maladies non transmissibles comme les maladies cardiovasculaires, les cancers, les maladies respiratoires et le diabète. En outre, les personnes vivant avec ces pathologies sont davantage exposées aux formes graves de la COVID-19 ». 

Des outils d’aide au sevrage vont être mis en œuvre dans le cadre de cette campagne. Accessible à tout moment, l’agent de santé numérique de l’OMS est là pour aider les gens à arrêter de fumer. Il est disponible en anglais et le sera bientôt en arabe, en chinois, en espagnol, en français et en russe, indique l’organisation.

« Des millions de personnes dans le monde veulent arrêter de fumer — nous devons saisir cette occasion et investir dans les services qui les aideront à y parvenir. Dans un même temps, nous exhortons chacun à prendre ses distances avec l’industrie du tabac et ses intérêts », déclare le Dr Rüdiger Krech, Directeur du Département Promotion de la santé.

Pour créer des environnements pouvant inciter à arrêter de fumer, l’OMS a travaillé avec des partenaires et des pays du monde entier pour la mise en œuvre des mesures de lutte antitabac qui réduisent efficacement la demande de tabac.

L’Organisation appelle tous les gouvernements à veiller à ce que leurs citoyens aient accès à de conseils courts, à des services téléphoniques gratuits et à des services mobiles et numériques d’aide au sevrage, à des substituts nicotiniques et à d’autres outils qui ont fait leurs preuves pour aider les gens à arrêter de fumer. De services solides d’aide au sevrage concourent à l’amélioration de la santé, sauvent des vies et économisent de l’argent.

Christian Nkumu