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Avoir moins de cas de Covid-19, c’est aussi grâce au travail fait par la Police sur terrain (Romy Ekuka)

À la tête d'une délégation mixte composée des experts de la Mission de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) près la République démocratique du Congo, du Commissariat général de la Police nationale congolaise (PNC) à travers sa Cellule de Réforme, de la Police des Nations-Unies (UNPOL), de l'Inspection générale de la PNC, le Commissaire divisionnaire adjoint Romy Ekuka a effectué une tournée du 18 au 19 février à travers la capitale, pour évaluer la formation des policiers sur la Covid-19 et les principes de la police de proximité, le coaching des équipes déployées dans les 24 communes de la ville et les opérations de sensibilisation de la population.
Arrivée du Commissaire divisionnaire adjoint Romy Ekuka à la maison communale de Lemba et son accueil par le Bourgmestre Jean Nsaka le vendredi 19 février 2021
Arrivée du Commissaire divisionnaire adjoint Romy Ekuka à la maison communale de Lemba et son accueil par le Bourgmestre Jean Nsaka le vendredi 19 février 2021

Cette tournée d’inspection de l’OIM avec ses partenaires intervient près de 48 heures avant la réouverture des écoles et universités à travers le pays. Une décision qui fait suite à une baisse des cas de Covid-19, selon l’annonce du Comité multisectoriel de la riposte à la pandémie au chef de l’État le 11 février dernier.

Pour le coordonnateur national de la Cellule de Réforme de la PNC, cette baisse des cas n’est pas une situation fortuite.

Alors quand on constate que la courbe est descendante, cela signifie que quelque part, la Police a fait son travail parce que qui peut avoir le pouvoir légal d’intimer aux citoyens l’ordre de mettre le masque et de se conformer à la pratique des gestes barrières, si ce n’est que le policier?, s’interroge-t-il.

Le commissaire divisionnaire adjoint Romy Ekuka ajoute: « Quand le policier demande à la population de se conformer aux gestes barrières face à la Covid-19, et qu’il se constate une courbe descendante des cas, automatiquement nous pouvons affirmer que cela est entre autres du au travail de la Police sur terrain. »

Il rappelle aussi que « la mission sacro-sainte de la Police est la sécurisation des personnes et des biens. C’est le maintien ou le rétablissement de l’ordre public au cas où celui-ci a été troublé ».

L’ordre public, explique-t-il, a 3 concepts : « la sécurité publique à travers la police administrative et préventive, la tranquillité publique qui se réalise dans les lois spéciales notamment avec des questions telles que les tapages, et la salubrité publique. »

« Les gens ne le savent peut-être pas mais c’est une mission de la Police que de surveiller qu’il n’y ait pas contamination des gens par la Covid-19 et propagation de cette maladie à travers la population. C’est également de la police préventive mais qui se fait sous forme de prévention de l’ordre public dans le cadre de la salubrité publique », révèle le haut gradé de la PNC.

À lire aussi: La Police et la population ensemble contre la Covid-19

Cette tournée s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre par l’OIM, du projet de renforcement de la riposte Covid-19 à Kinshasa grâce à l’amélioration de la préparation et de l’efficacité de la PNC.

Lancé depuis septembre 2020 dans un contexte d’urgence pour faire face à la deuxième vague de la maladie notamment à Kinshasa, épicentre de la pandémie, ce projet poursuit un objectif global clair: renforcer la réponse Covid-19 à Kinshasa en améliorant le niveau de préparation, des capacités de gestion et de responsabilité de la Police.

Le projet a été ficelé avec comme partenaire avec son interface immédiate qui le Commissariat Général, avec la Cellule de Réforme de la Police (CRP) comme représentant du Commissariat Général, avec les structures telles que l’Inspection Générale de la PNC dans le cadre du contrôle, l’Inspection Provinciale de Kinshasa dans le cadre de l’application et mise en œuvre ainsi que le service de santé quant à l’accompagnement.

C’est pour ces raisons que nous sommes descendus sur terrain. Nous avons fait le déplacement à Mbankana, Lemba et Kalamu. Nous nous étions mis d’accord avec nos partenaires au début de ce projet que nous devrions procéder notamment à la formation des formateurs de la Police Nationale Congolaise, celle des coachs, sensibiliser la population quant à l’existence de la maladie Covid-19, descendre sur terrain pour distribuer les matériels et sensibiliser également les policiers pour contrôler la population afin de voir si celle-ci respecte les mesures prises par les autorités.

La peur du policier est le début de la sagesse? 

Pour Romy Ekuka, c’est bien une vérité : la présence policière est préventive car dissuasive! « Vous avez suivi l’évaluation qui a été faite, indique le Commissaire divisionnaire adjoint Romy Ekuka à la presse. Nous avons constaté que les policiers ont été formés par les formateurs, les coachs suivent le travail régulier et quotidien des policiers sur terrain, la sensibilisation est faite, les sandwichs et l’eau arrivent tous les jours. Et là j’ai été agréablement surpris parce que du centre-ville jusqu’à Mbankana, c’est pratiquement 3 heures mais tous les jours, ces repas arrivent et sont distribués aux policiers sur terrain. Par rapport au matériel, nous nous sommes permis d’en parler et de planifier un autre jour pour le ramener et vérifier si cela sera distribué dans les autres commissariats et éventuellement ici prochainement ».

À Mbankana, cité rurale et grand centre de ravitaillement de nombreuses fermes, un formateur des policiers ne cahe pas sa satisfaction. « C’est une joie immense pour nous formateurs. Cela montre que quelque part, nos sacrifices et enseignements ont porté du fruit. Dans cette partie de la ville par exemple, malgré les distances qui éloignent les policiers sortent des différents villages pour nous rejoindre ici à l’école de formation de Mbankana », explique Jean-Pascal Mpatamana, commissaire principal à la Police.

De son côté, Jean Yaudi Nteba, commissaire de Police et chef Antenne commissariat de Mbankana, note que « c’est la deuxième fois » pour la Police de cette contrée « de suivre cette formation ».

« Nous sommes à 140 km du centre-ville. Ici, nous avons un devoir énorme parceque nous sommes très loin et la population se considère comme étant au village. Elle se croit non concernée par la Covid-19 », explique-t-il.

Et pourtant, poursuit le commissaire, « cette maladie existe et les gens quittent le centre-ville pour arriver jusqu’ici. Avec les gestes barrières décrétés par le gouvernement, il faut un strict respect. C’est dans ce sens que nous interpellons certaines personnes pour les inviter à la prudence. Globalement, nous constatons que très peu des gens suivent nos directives car la majorité, n’ayant peut-être pas encore vu des cas de décès suite à la Covid-19, estime que cette maladie ne concerne pas cette contrée. C’est cela le défi car une personne contaminée peut venir du centre-ville et contaminer la population ici à Mbankana ».

Le couvre-feu est respecté suite aux différentes patrouilles que nous organisons la nuit. À partir de 21 heures, la population est déjà à la maison jusqu’à 5 heures. Lors des funérailles, nous accompagnons les dépouilles dès la sortie de la morgue jusqu’à l’enterrement. Le commissariat de Mbankana comprend près de 10 sous-commissariats. Certains se trouvent à 70 Km et 50 Km du centre de Mbankana. Nous nous battons pour faire parvenir l’information sur la Covid-19 à travers notamment les médias communautaires, dont la radio locale Munku, précise l’officier.

Une jeune mère dénonce plutôt les tracasseries policières. « La Police de Mbankana ne conseille pas les gens. Ils ne font que nous arrêter pour avoir l’argent« , révèle-t-elle.

Et de saluer l’initiative de l’OIM: « C’est une excellente action de former les policiers parce que cela permettra de réduire les abus. »

Pour rappel, le premier cas Covid-19 en RDC a été enregistré le 10 mars 2020. Plusieurs cas de transmissions communautaires étaient signalés dans les semaines qui ont suivi malgré les tentatives de mise en quarantaine des cas importés. Le 17 mars, le gouvernement a fait savoir officiellement la présence de la Covid-19 dans le pays et, 48 heures après, le chef de l’État avait annoncé l’état d’urgence ainsi que des mesures fortes pour enrayer la propagation de cette maladie.

Patrick Nkumu