Nos derniers tweets !

Fin de la 12ème épidémie d’Ebola (officiel)

Le ministère de la santé a annoncé ce lundi 03 mai 2021 la fin de la 12ème épidémie de la maladie d’Ebola, trois mois seulement après la notification du premier cas dans la province du Nord-Kivu.

Le Ministère de la santé avait déclaré le 7 fevrier 2021 une flambée de maladie à virus Ebola (MVE) après la confirmation en laboratoire d’un cas à Butembo, dans la province du Nord-Kivu.

« Il s’agissait d’une femme de 42 ans vivant dans l’aire de santé de Masoya, dans la zone de santé de Biena. Elle était l’épouse d’un homme qui a survécu à la MVE ; depuis le 28 septembre 2020, ce dernier faisait l’objet d’un suivi et ses échantillons biologiques étaient négatifs », avait indiqué l’OMS.

« Le 25 janvier 2021, avait ajouté l’agence onusienne, la patiente a consulté un médecin pour des saignements de nez. Du 25 janvier au 1er février, elle aurait reçu des soins ambulatoires au centre de santé de Ngubi. Du 1er au 3 février, elle a été hospitalisée au centre de santé de Masoya, présentant des signes de faiblesse physique, des étourdissements, des douleurs articulaires, des douleurs épigastriques, des selles liquides, des maux de tête et des difficultés respiratoires. Le 3 février, compte tenu du lien épidémiologique de la patiente avec un survivant de la MVE, un échantillon de sang a été prélevé à des fins de dépistage de la MVE. Le même jour, son état s’étant détérioré, elle a été transférée à l’hôpital de Matanda, dans la zone de santé de Katwa, territoire de Butembo. Elle a été admise en soins intensifs le jour-même et est décédée le 4 février. Le 5 février, la défunte a été enterrée dans la zone de santé de Musienene, sans que soient mises en œuvre les pratiques recommandées pour une inhumation sans danger », rapporte l’OMS.

Le 6 février, le laboratoire de Butembo avait confirmé par GeneXpert que le cas était positif à la MVE. Le 7 février, l’échantillon a été envoyé au laboratoire de Goma, où il a été analysé par GeneXpert, donnant un résultat positif à la MVE le 8 février.

Au 8 février 2021, le nombre total de contacts identifiés et faisant l’objet d’un suivi établi à 117. Des enquêtes et des activités de riposte étaient lancées.

Action de santé publique

  • Une réunion d’urgence a été convoquée le 8 février par le Ministère de la santé, et une équipe dirigée par le Ministre provincial de la santé du Nord-Kivu a été dépêchée à Butembo pour organiser des activités immédiates de riposte ;
  • Des enquêtes sont en cours dans les zones de santé de Katwa, Biena et Musienene afin de déterminer la ou les sources de transmission, d’identifier les contacts et de mener une recherche active des cas ;
  • Les établissements de santé dans lesquels s’était rendue la patiente ont été désinfectés ;
  • Une évaluation est en cours pour décider de la réouverture éventuelle du Centre de traitement Ebola de Katwa, qui avait été fermé ;
  • L’OMS apporte un soutien continu aux autorités nationales par l’intermédiaire du personnel présent sur le territoire de Butembo, en préparant l’envoi de doses de vaccin à Butembo et en facilitant l’expédition d’équipements de la chaîne du froid vers le territoire de Butembo ;
  • L’OMS et les autorités nationales s’emploient à renforcer les moyens de laboratoire en veillant à la disponibilité des cartouches GeneXpert au laboratoire de Butembo ; et
  • L’OMS aide les autorités locales à mettre en œuvre des mesures immédiates, notamment en matière d’enquête sur les cas, de recherche des cas et d’identification et de suivi des contacts.

Les traitements (Regeneron et mAb114) dont dispose actuellement la République démocratique du Congo sont suffisants pour traiter jusqu’à 400 patients.

Évaluation du risque par l’OMS

Selon les informations préliminaires, précise l’agence, la patiente avait visité au moins trois établissements de santé dans deux zones de santé et avait été enterrée dans une troisième zone de santé (Musienene) sans que soient respectées les mesures d’inhumation sans danger. Un risque de propagation de la MVE à d’autres zones de santé était à craindre.

Les efforts de surveillance se heurtent à un certain nombre de défis persistants, notamment des difficultés d’accès aux zones touchées et la méfiance des populations locales à l’égard des autorités et du personnel intervenant dans la riposte aux flambées. D’autres urgences sanitaires, comme les flambées de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), de choléra ou de rougeole, peuvent compromettre la capacité du pays à assurer une détection et une riposte rapides en cas de réémergence de cas de MVE.

Patrick Nkumu