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État de siège proclamé en Ituri et au Nord-Kivu

Une semaine après l'investiture du gouvernement Sama Lukonde, qu'il aurait bien voulu mettre sur pied dès le début de son quinquennat, Félix Tshisekedi s'est adressé à la nation ce lundi 3 mai 2021: "la RDC est meurtrie depuis plus de deux décennies par une insécurité persistante dans sa partie est", a-t-il affirmé avant la proclamation de l'état de siège dans ces deux provinces "pour une durée de 30 jours à dater du jeudi 6 mai 2021".

« Prenant la mesure de la situation et usant de mes prérogatives constitutionnelles, me conférées par les articles 69, 85, 144 et 145 de la constitution, et après concertation avec le Premier ministre et les Présidents de deux chambres du Parlement national, le Conseil supérieur de la défense entendu, j’ai décidé de proclamer l’état de siège sur toute l’étendue des provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu », a déclaré Félix Tshisekedi qui annonce l’imminence des dispositions conséquentes, en appelant la population à une mobilisation profonde avec l’armée, dont les troupes sont déployés pour sécuriser le pays.

Pour le chef de l’État, « les conséquences de cette insécurité sur les frères et sœurs de l’Est mais aussi sur l’écosystème et l’image du pays sont incalculables ».

Félix Tshisekedi dit « avoir à l’esprit les engagements solennels » qu’il avait « pris lors de la course à la magistrature suprême », et se souvient d’avoir rappelé ces promesses lors de son investiture, en janvier 2019.

« L’un de ces engagements fermes était de déployer toute mon énergie, et de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour mener une lutte acharnée contre cette insécurité, qui sévit dans l’Est du pays, jusqu’à l’éradication complète des forces négatives, qui y ont élu domicile ou en ont fait leur base arrière », précise-t-il également.

« Cette partie du pays, regrette le successeur de Joseph Kabila à la magistrature suprême, est stigmatisée pour de pillages et des exactions dont sont victimes ses populations. Cette image écornée, dont la conséquence immédiate est la méfiance de l’opinion tant nationale qu’internationale, n’est pas de nature à favoriser le développement et le bien-être des populations congolaises ».

Ceci implique, avance-t-il, « qu’aucun congolais ne devrait rester indifférent vis-à-vis de ce qui se passe depuis trop longtemps dans cette partie du territoire national ».

La bravoure de l’armée

Pendant cette période, indique l’ordonnance présidentielle portant mesures d’application de l’état de siège en Ituri et dans le Nord-Kivu, « les gouvernements provinciaux sont composés respectivement d’un gouverneur militaire et d’un vice-gouverneur policier ».

« Les gouvernements provinciaux et les Assemblées provinciales sont suspendues et leurs prérogatives sont transférées aux autorités militaires provinciales », indique cette décision du Président de la République, lue à la Télévision nationale par son porte-parole, Tharcisse Kasongo, qui précise aussi que ces autorités civiles continueront « à jouir de leurs avantages sociaux ».

Le chef de l’État a aussi salué la bravoure des militaires congolais « qui se battent jour et nuit assurer l’intégrité du territoire national, et protéger nos populations contre les attaques de ces forces négatives ».

En sa qualité de chef de l’État et de garant de la nation, commandant suprême de l’armée, il réaffirme la décision qu’il a lui-même annoncée, il y a quelques jours, « d’aborder de la manière la plus efficace qui soit, ce problème de terrorisme, de violence, bref de l’insécurité à l’est du pays ».

Ces ordonnances présidentielles reconnaissent aux « autorités provinciales militaires le pouvoir de faire des perquisitions de jour et de nuit dans des domiciles, éloigner les repris de justice et les individus qui n’ont pas leurs domiciles dans les lieux soumis à l’état de siège ».

Elles peuvent aussi « interdire les publications et les réunions qu’elles jugent de nature à exciter ou à porter atteinte à l’ordre public. Leurs fonctions prennent fin à l’expiration de l’état de siège, sauf en cas de prorogation conformément à la constitution, mais il peut être mis fin à leurs fonctions par ordonnance du Président de la République avant la fin de l’état de siège », lit-on.

Dans cette optique, explique le chef de l’État, « je m’engage dans cette lutte avec la détermination de trouver une solution à l’inacceptable situation » dans l’est du pays.

« J’ai mesuré les attentes de la nation toute entière pour que soient définitivement mises hors d’état de nuire toutes ces forces, d’où qu’elles viennent », souligne le chef de l’État souhaitant une paix durable pour cette partie du territoire national.

Pendant cette période, le Président Félix Tshisekedi « invite le peuple congolais à adopter une attitude responsable à tous égards ».

Au gouvernement de la République, investi le par l’Assemblée nationale, le chef de l’État demande « de ne ménager aucun effort pour assurer la logistique nécessaire aux forces armées déployées sur le front ».

À la classe politique, Félix Tshisekedi interdit de « mener toute action de nature à saboter ou à décourager » l’armée.

Aux hommes et femmes des médias, le chef de l’État demande d’appuyer « à travers leurs programmes respectifs l’action des forces armées », et attend des populations locales une coopération avec les militaires déployés en dénonçant les ennemis du peuple et toute complicité possible.

« Priez pour nos forces armées et pour la nation », a recommandé Félix Tshisekedi aux hommes et femmes serviteurs de Dieu.

Patrick Nkumu