Nos derniers tweets !

Pour la 10ème fois, l’État de siège prorogé par l’Assemblée nationale

À la quasi-unanimité, la Chambre basse du Parlement vient de proroger l’État de siège, lors de sa plénière de jeudi 14 octobre 2021, consacrée à l’examen et adoption du projet de loi portant autorisation de la prorogation de l’État de siège sur une partie du territoire national. Sur 284 députés votant, 275 oui et 8 autres ont voté non et 1 s’est abstenu.

À l’absence de la ministre d’État Rose Mutombo Kiese, Ministre de la Justice et Garde de Sceaux, c’est son collègue François Rubota Masumbuko, Ministre d’État en charge du Développement rural, François Rubota, qui a présenté l’économie de ce projet de loi devant la représentants du peuple.

François Rubota Masumbuko a indiqué qu’au cours des dernières semaines, les services de sécurité congolais se sont engagés sur plusieurs fronts en vue de réduire les capacités opérationnelles des forces ennemies, qui sont à la base des tensions et autres conflits connus depuis plusieurs années dans les deux provinces, à savoir l’Ituri et le Nord-Kivu.

En cinq mois d’État de siège, des retombées satisfaisantes sont enregistrées. Plusieurs cas de reddition des éléments des groupes armés, la libération des axes routiers longtemps fermés, le basculement des zones de conflits vers le Nord-Est du territoire. Un bilan encourageant qui n’est pas à la hauteur des attentes de l’ensemble de la communauté nationale.

Pour les cinq derniers jours, en territoire de Beni, trois ADF ont été capturés dont deux de nationalité Congolaise et un sujet ougandais sur l’axe Nord. Huit Maï-Maï sur l’axe Sud à Butembo, quatre grands collaborateurs ADF aux arrêts tous Congolais, quatre Maï-Maï Baraka se sont rendus avec 200 cartouches AK 47 récupérées.

En ce qui concerne l’arsenal militaire récupéré, on note 5 AK 45, 1 bombe artisanale, des cartes Sim contenant des informations stratégiques en exploitation, un lot important de produits pharmaceutiques et plusieurs armes blanches.
En territoire de Masisi et en Ituri, l’opération militaire a aussi été un succès.
Mais le contexte particulier d’une guerre asymétrique, combinée à la géographie des territoires sous État de siège, exige un peu plus de circonspection et de prudence, afin de ne pas exposer des populations à des actes de représailles auxquels se livrent malheureusement les forces négatives attaquées de toutes parts.

C’est l’occasion de saluer la contribution des parlementaires qui ont, par patriotisme, accepté que des retenues soient opérées sur leurs émoluments afin de soutenir l’armée déployée sur le terrain. Les recommandations issues de l’évaluation de l’État de siège permettront d’ajuster l’action du Gouvernement pour la sécurisation de la partie Est du territoire.

Au regard de ce tableau, indique la dépêche de la Cellule de communication de l’Assemblée Nationale, conformément à l’article 144, alinéa 5 de la Constitution telle que modifiée par la loi n°11/002 du 20 janvier 2011, un temps supplémentaire s’avère indispensable pour la poursuite des opérations à travers la prorogation de l’état de siège.

Mais avant, poursuit-elle, « il y a eu une motion incidentielle du député national Jean-Baptiste Kasekwa. Au terme de laquelle l’élu du peuple a voulu que l’exécutif réponde, avant tout, aux recommandations de l’Assemblée nationale sur l’évaluation de l’état de siège, conformément de la résolution n°3 par laquelle la représentation nationale exige du gouvernement de présenter le plan de sortie de l’état de siège avant la demande d’autorisation de la 9è prorogation ».

En réponse, le speaker de la Chambre basse du Parlement a fixé la plénière en disant que la commission a connu du retard dans le dépôt des résolutions en vue de leur transmission au gouvernement. Lors du débat, 13 députés se sont inscrits pour la prise de parole, notamment le député Bule (Ituri) qui estime que l’ennemi vit dans la population. Pour ce faire, recommande-t-on, un renforcement des moyens logistiques de l’armée et la réforme des services de sécurité s’avèrent nécessaires. La justice militaire est aussi appelée à s’activer pour appuyer l’État de siège.

Le Président Félix Tshisekedi avait décrété, le soir du vendredi 30 avril 2021, l’État de siège dans ces deux provinces, où sévissent des groupes armés et faisant de cette partie du pays le théâtre de violences armées et atroces massacres. Dans l’ordonnance n°21/016 du 03 mai 2021 portant mesures d’application de l’État de siège sur une partie du territoire de la République démocratique du Congo, l’article premier indique que pendant cette période, « en application des dispositions de l’ordonnance n°21/015 du 03 mai 2021, les Gouvernements Provinciaux de l’Ituri et du Nord-Kivu sont composés respectivement d’un Gouverneur militaire et d’un Vice-Gouverneur policier ».

Ces autorités des provinces « appliquent les lois et règlements de la République pour faire face à la situation et assurent le bien-être collectif aux populations de leurs provinces ».

Ce vendredi, le Bureau a convoqué une plénière pour l’audition du rapport de la Commission paritaire sur la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI).

Patrick Nkumu