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Denis Kadima entériné, l’Opposition rappelle la « jurisprudence Malonda » au Président de la République

Au terme de la plénière du samedi 16 octobre ayant conduit à l'entérinement de 12 membres, sur les 15 devant composer l'équipe dirigeante de la Commission Nationale Électorale Indépendante, l'opposition dénonce un passage en force qui risque de compromettre le processus électoral. Dans une tribune parvenue à Congo Plus, l'Honorable Professeur Célestin Musao Kalombo Mbuyu, Député national et Coordonnateur de l'Observatoire de la Gouvernance, a invité le chef de l'État à trancher comme il l'a fait autrefois avec Ronsard Malonda !

« À la surprise générale, nous avons suivi le spectacle désolant ayant conduit à l’entérinement forcé de monsieur Denis Kadima et toute son équipe, pour éventuellement remplacer le bureau Corneille Nangaa Yobeluo à la centrale électorale », a déclaré le Coordonnateur de l’Observatoire de la Gouvernance qui estime « que le bureau de notre chambre législative a visiblement failli dans sa noble mission d’arbitrage ».

Pour lui, le bureau Mboso vient de « manquer, là, une bonne occasion de sauver l’honneur de notre prestigieuse chambre législative », mais dit-il, « il n’est pas tard pour rétablir la vérité et promouvoir le consensus ! »

La balle est désormais dans le camp du chef de l’État, précise le député Célestin Musao Kalombo Mbuyu, convaincu que le Président de la République « est placé devant ses responsabilités historiques ».

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Les mêmes causes produisant les mêmes effets, ajoute le Coordonnateur de l’Observatoire de la Gouvernance, la nation se retrouve aujourd’hui « devant le cas de figure du rejet autrefois de l’entérinement de Ronsard Malonda »

« Les juristes parleraient d’une jurisprudence. Nos regards restent donc rivés vers la présidence d’où nous attendons impatiemment l’arbitrage juste, contrairement au spectacle hideux livré par le bureau de notre chambre basse », indique-t-il.

Tel n’est pas l’avis du député André Mbata qui s’est dit très satisfait de cet entérinement par l’Assemblée nationale, estimant que c’est la meilleure équipe que connaît la CENI depuis les élections de 2006.

« Nous pouvons donner au pays une [CENI] qui commence le travail parce que pour nous, il faut aller aux élections dans le délai constitutionnel, les élections libres et transparentes. Et je dois vous assurer que compte tenu du profil des candidats, partant de Denis Kadima jusqu’au dernier membre de la plénière, que vous avez la meilleure équipe de la CENI depuis que les élections ont été organisées dans ce pays », a déclaré le député André Mbata.

Une occasion pour lui de remercier « le Président de la République pour avoir favorisé ce cadre de travail. Je remercie également le bureau du Président Mboso et tous les Honorables députés qui ont approuvé le rapport de la Commission sans aucun amendement. Je suis très heureux, moi et les membres de ma Commission pour le travail qui a été fait ».

Élections crédibles, apaisées et transparentes en 2023

Pour l’Opposition, « le forcing dans la mise en place des animateurs de cet organe d’appui à la démocratie ne peut qu’être appréhendé comme la volonté manifeste et la stratégie d’un camp politique d’orchestrer une parodie électorale en 2023 ».

Face à cette situation, le député Célestin Musao Kalombo Mbuyu prévient que la communauté nationale n’est pas malheureusement dupe pour se laisser faire lâchement.

« Le peuple congolais uni comme un seul homme barrera la route à quiconque s’évertuera à prendre en otage notre destin commun. Nos électeurs souffrent, et malencontreusement cela ne préoccupe guère une frange de la classe politique présente dans nos institutions. Rectifions nos tirs, chers compatriotes ! », a martelé le Coordonnateur de l’Observatoire de la Gouvernance.

De son côté, le Groupe de treize personnalités,  signataires de l’appel du 11 juillet 2020 en faveur d’un consensus autour des réformes électorales, G13 en sigle, rappelle que « la CENI est un pilier majeur de la gouvernance électorale et un gagz de la concorde nationale ».

Il estime que « l’installation de ses membres est une première alerte quan au niveau de crédibilité du processus électoral, des élections elles-mêmes et de leurs résultats ».

Dans cette optique, le G13 appelle au sens de la responsabilité de tous, invitant « toutes les parties prenantes à se ressaisir et à revenir au consensus comme la seule voie pour sauver le processus électoral et empêcher l’enlisement de la situation ».

Patrick Nkumu